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Imperator : Bonjour. Pour commencer cet interview, peux-tu nous dire qui est Elfiriond?

Elfiriond : Bonjour. Derrière ce pseudo se cache aujourd'hui Vincent, c'est moi !
J'approche de la trentaine, je vis à Lyon où je travaille en tant que consultant informatique. Fondamentalement, on peut dire que je suis un geek ! De la littérature au cinéma, en passant bien sûr par les jeux vidéo, je suis passionné par les univers fantastiques, la science-fiction et tout ce qui relève de l'imaginaire. En particulier, j'arpente ces dernières années les jeux de rôle Grandeur Nature (les GN), tout comme le fondateur des Chroniques de Jours Anciens, à son époque, Kundïn. C'est d'ailleurs lui qui m'a initié à cette pratique.

Imperator: Pourquoi avoir écrit Core Terra ?

Elfiriond : Si mes souvenirs sont bons, car ça fait plus de dix ans que j'ai écrit cette nouvelle, j'ai avant tout été motivé par les Chroniques des jours anciens que je fréquentais à l'époque assidûment depuis plusieurs années.
En ce qui concerne les sources d'inspiration du récit et de son univers, je commençais à l'époque mon DUT informatique, la découverte de l'algorithmique fut le déclencheur. D'ailleurs, je pense que le premier chapitre a été écrit en cours ! Aïe !
La seconde source d'inspiration principale est, je pense, le jeu vidéo REZ, sorti sur Dreamcast et PS2. On y incarne un programme informatique affrontant des virus et autres dangers dans un monde très coloré. Ce jeu reste l’un de mes favoris aujourd'hui encore.

Imperator : Et tes autres oeuvres ?

Elfiriond : La plupart de mes autres "oeuvres" (car c'est un bien grand mot) se situaient dans l'univers du jeu de figurines Warhammer. Il faut dire que les Chroniques des jours anciens étaient à l'époque fortement liées à la communauté Internet autour de ce jeu. Plus d'un texte sur deux publiés sur les Chroniques prenaient place dans cet univers. C'est par le biais de cette communauté que j'ai découvert les Chroniques des jours anciens, tout simplement.
Mais la plupart des textes que j'ai écrit à l'époque sont des premiers jets d'ado, dont je remets fortement en doute la qualité. Core Terra sort du lot par sa qualité supérieure, me semble-t-il, et son univers sortant de mes habitudes.
J'ai franchement beaucoup de mal aujourd'hui à relire mes autres textes de l'époque, à l'exception peut-être de Finebune, le seul autre texte qui vaille un peu la peine à mes yeux.

Imperator : Pourquoi avoir choisi de venir sur les Chroniques des jours anciens ?

Elfiriond : L'Internet à la fin des années 90 n'avait strictement rien à voir avec celui d'aujourd'hui. Point de réseaux sociaux ou de web 2.0. C'était le règne des forums. D'un forum Warhammer à l'autre, j'ai virtuellement fait connaissance de beaucoup de personnes passionnées par ce jeu, mais aussi par son univers. Les pseudos qui me reviennent en particulier sont ceux de Kundïn et Lorindil qui m'ont présenté les Chroniques.
J'ai tout de suite été séduit par le concept d'entraide à l'écriture, étant complément néophyte en la matière. C'était aussi bien sûr un moyen d'accéder à du contenu littéraire sans avoir à sortir de chez moi ! À l'époque c'était incroyable !
J'ai donc été un des membres assidus de cette époque où le site était entièrement en HTML, hébergé chez Free et où télécharger un texte prenait parfois plusieurs minutes. C'était rudimentaire, mais ce web-là était à échelle humaine.

Imperator : Toi qui en es l’un de ses plus anciens membres, comment as-tu vécu l'évolution des Chroniques ?

Elfiriond : Au départ, le site était donc fortement identifié comme un satellite de la communauté Warhammer. À la fois dans ma façon d'appréhender les Chroniques dans mon surf quotidien, que dans la réalité des auteurs qui les animaient.
Petit à petit, les Chroniques ont pris leurs distances, notamment en diversifiant les sources d'inspiration, et avec un renouvellement des "chroniqueurs" comme on les appelle.
Le site n'a pas vraiment décollé en termes de fréquentation, mais ce n'est pas un mal puisque ça n'a jamais été sa vocation, même pour son créateur. Il a toujours s'agit d'abriter un petit groupe d'auteurs dans un coin confortable du net pour y partager leurs créations et leurs avis.
J'ai furtivement été webmaster, à l'époque où il devenait ingérable d'entreposer cette masse de textes dans un site à l'ergonomie désastreuse. Heureusement que la présentation à bien changé. Mais l'esprit, lui est toujours le même. Alors si désormais, je ne fais que de furtifs passages éclairs sur le forum, je sais qu'il existe un coin sympa sur le web auquel je pense régulièrement avec nostalgie : les Chroniques des jours anciens.

Imperator : Que voulais-tu accomplir au travers de l'écriture à l'époque ?

Elfiriond : C'était avant tout un moyen d'expression nouveau pour moi, et d'explorer ma propre imagination. Sans parler du plaisir de partager son texte avec les autres chroniqueurs. C'était donc motivé à la fois par une envie profonde de m'exprimer, mais aussi par la saine émulation que m'apportaient les Chroniques des jours anciens.
C'était donc avant tout un loisir, mais j'ai été fortement surpris de l'accueil positif de mes textes à l'époque, non seulement sur le site, mais aussi dans ma famille qui m'a elle aussi encouragé à continuer.
En particulier, alors que j'étais persuadé de l'ignoble médiocrité de mes textes, mon grand frère (qui est très littéraire) m'a assuré que mes textes étaient bourrés de qualité. J'ose espérer qu'il n'y avait pas trop d'hypocrisie dans ses commentaires !

Imperator : Peux-tu expliquer précisément le titre « Core Terra » ?

Elfiriond : Très honnêtement, non. Je ne me souviens plus. Et c'est très bien comme ça !

Imperator : Pourquoi ce parallèle avec l'énergie nucléaire dans les titres des chapitres ? (électron libre, fission et fusion)

Elfiriond : La encore c'est certainement lié à l'impact qu'avait le jeu REZ sur mon imaginaire de l'époque. Dans le jeu, le personnage démarre sous la forme d'une simple sphère, puis au fil des niveaux, prend une forme humanoïde de plus en plus détaillée. La sphère initiale n'était pas sans rappeler l'atome. Et voilà.
Sinon bien sûr, il y a l'idée de montée en puissance et de danger grandissant.

Imperator : Tu dis que Core Terra sort du lot par sa qualité. Est-ce ton meilleur texte ?

Elfiriond : Le texte que j'ai écrit qui reste mon meilleur souvenir n'est pas Core Terra, mais Finebune à la recherche du cactus magique. C'est le texte que j'ai pris le plus de plaisir à écrire en tout cas.
Core Terra, en revanche, est probablement le texte dans lequel je me suis le plus investi. C'est l'un des plus longs que j'ai écrit, probablement le mieux documenté, et le seul, si je me souviens bien, dont la narration est partagée entre plusieurs personnages.

Imperator : Faut-il faire de la grande littérature pour se considérer comme écrivain ?

Elfiriond : C'est justement ce qui m'a le plus surpris dès le début sur les Chroniques des jours anciens. Initialement, je me disais "à quoi bon, sans talent !?" puis très vite je me suis lâché et me suis surpris à passer de longues heures d'écriture en pleine nuit sans me poser plus de questions.
Sitôt qu'on a compris qu'il faut avant tout écrire pour soi, et non dans le but d'être lu, ça devient quasiment naturel. Donc bien sûr non, pour moi, est écrivain celui qui pose son imagination sur le papier.

Imperator : Core Terra est l’un de tes récits qui s’écarte le plus de Warhammer. Comment s’est opérée cette transition ?

Elfiriond : Les motivations que j'ai évoquées précédemment cachent aussi en trompe-l'oeil ma lassitude de cet univers de Warhammer. Le moment où j'ai écrit Core Terra coïncide avec l'arrêt pour moi du figurinisme, non seulement par faute de temps, mais aussi par besoin de changer d'air en terme d'imaginaire.
La transition s'est donc opérée tout simplement : mon imaginaire s'est rattaché à ce qui le stimulait le plus alors.

Imperator : Certains de tes récits semblent contenir une réflexion sur la vie et le sens qu’on lui donne. Qu’en est-il ?

Elfiriond : Difficile de me remettre dans la peau que j'avais à l'époque. Je pense simplement que je sortais de l'enfance et que ces questions plus ou moins existentielles m'assaillaient. À l'approche de la trentaine, je dois dire que je retrouve pas mal d'empathie avec ce moi-même de l'époque.
Plus sérieusement, il faut aussi se remettre dans le contexte : en plein période post-11 septembre, l'info se globalisait et la taille du monde réel semblait se réduire, rapprochant ses horreurs de nos vies. Je pense qu'inconsciemment, ça m'a donné beaucoup de grain à moudre. En particulier, je n'ai pas manqué de m'interroger sur ma place et mon rôle dans cette immensité qu'était l'humanité à mes jeunes yeux.

Imperator : Quels sujets aborderais-tu si tu devais écrire un nouveau récit aujourd’hui ?

Elfiriond : Difficile à dire. Ma culture s'est beaucoup enrichie, et mon rapport critique à moi-même ainsi qu'au monde qui m'entoure a changé. Je pense que si je devais écrire un texte aujourd'hui (il se peut tout à fait que ça arrive d'ailleurs), il serait beaucoup moins naïf que mes textes de l'époque et plus tourné sur l'introspection d'un personnage. J'explorerais plus la part d'ombre des protagonistes que celle du monde qui les entoure. Pour autant, il est certain que je continuerais à écrire dans un monde imaginaire, puisque la SF et la Fantasy restent mes genres favoris, et plus précisément le post-apo où, justement, la place de l'homme est élucidée (survivre) et ses côtés les plus extrêmes exposés à la lumière blafarde d'un soleil voilé par la poussière radioactive.

Imperator : Cette dernière phrase donne des pistes, mais quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

Elfiriond : Je consomme beaucoup de produits culturels, depuis toujours. Littérature, cinéma, opéra... Pour autant, ma véritable passion reste (et restera) le jeu vidéo. J'ai même furtivement travaillé dans l'industrie. Je passe beaucoup (trop) de temps manette ou souris en main. Le foisonnement créatif qui secoue actuellement ce secteur est d'ailleurs fascinant, tant dans le domaine artistique que technologique. J'essaye de rester éclectique dans ma sélection, tant pour le support que pour l'origine des jeux, et surtout, je prends toujours du recul sur le jeu en lui-même et sur le rapport créé avec le joueur. Si seulement il était possible d'écrire en jouant... Car c'est certainement cette passion qui m'a éloigné de la plume, en plus du travail, du quotidien et surtout de ma copine !

Imperator : Tu as une passion pour le cinéma et la musique. Est-ce que ça influence ton style d’écriture ?

Elfiriond : Il est bien certain que le cinéma alimente l'imaginaire de chacun en ancrant des images précises et de plus en plus saisissantes derrière notre rétine. Pour autant, j'ai écrit tous mes textes en écoutant de la musique et il est certain que mon humeur était portée par la tonalité et le tempo du morceau. Plus important encore, il se trouve que je suis synesthète: ma cervelle associe systématiquement et involontairement un son à une forme et une couleur. La musique a donc énormément d'influence sur mon esprit et sur la représentation mentale que j'ai de mon imaginaire à un moment précis.
Autre bizarrerie, j'associe à chaque lettre (ou couple de lettres) une couleur (mon i est jaune par exemple), ce qui fait que je trouve certains mots plus ou moins beaux en fonction des lettres qui le composent. Difficile de dimensionner l'importance de ce phénomène sur mon style, mais je suis certain que cela a un impact non négligeable !

Imperator : Que conseillerais-tu à celui qui souhaite se lancer dans l’écriture?

Elfiriond : Tout simplement de ne plus attendre : lecteur, je me permets de te tutoyer, ferme cet ebook, ouvre un éditeur de texte, écris sur ce qui te fait le plus envie, là maintenant ! Oui oui !

Imperator : Referais-tu tout de la même manière si tu pouvais tout recommencer ?

Elfiriond : Tout à fait, je ne changerais presque rien je pense. Mon aventure en tant qu'auteur sur les Chroniques des jours anciens m'a beaucoup apporté. Je réviserais probablement mes conjugaisons ! Non, surtout, je pense que je lirais plus de livres, afin d'enrichir mon style. Mais je ne changerais rien à la démarche en tout cas.

Imperator : Nous arrivons au bout de cet interview. Dis-nous : quels sont tes plans pour l'avenir?

Elfiriond : Mon quotidien est bien rempli, ça laisse peu de place, malheureusement, à l'écriture, mais c'est toujours resté dans un petit coin de ma tête. Difficile de dire quand je me m'y remettrai, je ne me fixe aucun objectif, comme à l'époque. Mais ça viendra ! Peut-être par le biais du jeu de rôle Grandeur Nature, puisqu'un GN nécessite un imposant travail d'écriture afin de mettre en place l'intrigue et les personnages. Certains auteurs de GN font d'ailleurs preuve d'un immense talent.

Imperator : Laisse-moi te remercier d’avoir participé à cet interview. Je te souhaite une excellente continuation tant dans ta vie privée que dans les lignes des récits que tu liras ou écriras.

Elfiriond : Merci.

 
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