Bertem et les deux chevaliers des roses arrivèrent à Thérans quelques heures après la chute de Lakzlo. Javan Hautcoeur, l’intendant du roi, une des personnes les plus importantes chez les elfes gris les accueillit en personne.

Pendant que la garde de l’intendant les escortaient jusqu’au palais, Bertem en profita pour admirer l’architecture de la ville. Les bâtiments s’enchevêtrant comme les arbres d’une forêt, de magnifiques balcons en adamandites attirant les regards, reflétant les rayons de soleil. Au milieu de tout çà, le palais royal s’élevait comme un chêne centenaire veillant sur les autres, plus jeunes. Tout en étant moins ouvragé que les autres bâtiments de la ville, il était sans conteste le plus magnifique. Tous les balcons étaient orientés de façon à lui renvoyer les rayons du soleil et de la lune, il donnait l’impression d’être un phare éclairant l’horizon pour attirer les âmes perdues.

     Toujours escortés par la garde de l’intendant, Bertem et les deux chevaliers des roses entrèrent dans le palais d’Elander Laoconia, le roi des elfes gris. Javan les mena à une suite ou il leur dit de se reposer jusqu’à ce que le roi puisse les recevoir. Les trois elfes se mirent à discuter :

" _ Est-ce que tu penses que Lakzlo a été attaqué Bertem, dit Minerva, le plus vieux des deux chevaliers.

_ Non, non ! Artémis et les autres ont du revenir à temps.

_ J’espère que tu as raison, en tout cas, espérons que le roi agira pour les aider, prononça Aladir.

_ On va devoir attendre un peu pour savoir, répondit Bertem.

_ Prions pour qu’il ne tarde pas trop.

_ Attends Aladir, on le saura dans le courant de la soirée, parla Minerva, les généraux sont entrain de se réunir et vont sans doute parlementer toute l’après-midi."

     Peu de temps après, Javan entra dans la salle et leur dit que l’état-major était entrain de réfléchir à une éventuelle intervention et qu’il aimerait que les trois elfes aillent raconter les événements mais chacun leur tour. Ce fut Bertem qui y alla le premier, Javan l’accompagna. Environ une heure plus tard, on frappa à la porte, Minerva se leva pour ouvrir. A peine la porte fut-elle ouverte qu’il reçut un coup en pleine poitrine qui l’envoya au tapis, son agresseur, un elfe blond brandit une dague ensanglanté et bondit sur Aladir, surpris il recula au dernier moment, l’arme siffla à un cheveu de sa tête. Il dégaina son sabre de cavalerie et para le coup suivant. Aussitôt il contre-attaqua et les deux guerriers commencèrent un balai endiablé. Aladir attaqua comme un forcené voulant venger la mort de Minerva. Il comprit rapidement qu’il ne faisait pas le poids malgré l’allonge supérieure de son arme, l’assassin le remarqua aussi et prit l’initiative, sa dague harcela Aladir sous tous les angles. Sentant la fatigue venir, Aladir tenta une feinte, son agresseur ne se laissa pas surprendre et Aladir reçu un crochet du gauche en pleine mâchoire. Il recula de deux pas, des étoiles devant les yeux, agitant son sabre pour se défendre. Il ne vit pas venir le coup suivant, et se retrouva à terre sans son arme, essayant de récupérer son souffle après un violent coup de pied.

     Pendant ce temps, Bertem était entrain d’exposer la situation au conseil des armées de Thérans. Tous les généraux avaient le visage fermé, et dès la fin de son exposé ils votèrent pour l’envoi d’une force armée. Bertem exulta et demanda la permission d’y aller ainsi que ses deux compagnons. Le roi accepta comprenant qu’ils veuillent rejoindre les leurs. Il termina la réunion là-dessus, et demanda à Javan de ne pas faire venir les deux chevaliers des roses. Bertem et Javan retournèrent ensemble dans la suite pour se reposer, le départ n’ayant lieu que le jour d’après. En voyant de nombreux courtisans devant la salle, ils pressèrent le pas. Ils hoquetèrent de surprise en voyant un elfe baigner dans son sang au pied d’un Aladir en bonne santé, et d’un Minerva gravement blessé à la poitrine. Pendant que Minerva fut emmené à l’infirmerie et que l’on enlevait le corps de l’inconnu, Aladir leur raconta le combat. L’agression surprise, comment il fut défait et comment Minerva avait frappé l’assassin dans le dos, malgré sa blessure. Aussitôt Javan posta des soldats de confiance devant la porte et partit se renseigner sur l’inconnu. Bertem et Aladir restèrent seul et Bertem raconta à son compagnon la réunion. Au cours de la nuit, Javan leur rapporta que Minerva était mort au cours de la nuit. Sa blessure était trop grave pour que Calvar Shyn le soigneur du palais puisse agir.

     Malgré tout, Bertem et Aladir décidèrent de partir le lendemain pour Lakzlo, laissant le soin à Javan de s’occuper de l’enquête. Une centaine de soldats pour la plupart des vétérans des guerres de taligup contre les gobelins de Seikooc le sanguinaire, menés par Amde Mitabrev un des généraux elfiques les plus influents du palais, se regroupèrent devant la ville en attendant le signal du départ. Leur attente ne fut pas longue et la colonne s’ébranla. Un observateur aérien n’aurait pas pu remarquer leur présence dans les bois, car la troupe se fondait dans le paysage. Amde menant ses hommes avec précautions. A la tombée de la nuit, les elfes firent une halte pour arriver en pleine forme le lendemain et être tout de suite capable d’aider Lakzlo. La nuit dans la forêt fut calme, la seule source de bruit fut un hibou bicéphale en quête de nourriture. Au petit matin, Amde réveilla ses hommes et sans un bruit les soldats elfiques reprirent leur marche.

     Quelques heures plus tard, ils débouchèrent dans une clairière. Ladiba un pisteur de l’armée prévint Amde qu’il y avait eu un affrontement à cette endroit. Ce dernier demanda à Bertem et Aladir si c’était ici que les chevaliers des roses s’étaient battus contre l’envahisseur. Après quelques instant passés à inspecter les lieux, Bertem et Aladir confirmèrent mais firent par de leurs inquiétudes quand à l’absence des restes de la barricade et des cadavres. Amde les balaya d’un revers de la main, prétextant un rituel religieux pour le repos des morts. Ladiba parut septique car il n’y avait aucune trace du déplacement des corps, seulement de la barricade et parla de sa découverte à Amde qui fit un rapprochement avec l’histoire de Reccos, une cité humaine attaquée et détruite par une armée invisible. Aussitôt il donna l’ordre d’accélérer le rythme. Peu de temps après, les soldats arrivèrent à Lakzlo et furent horrifiés par l’ampleur du désastre. Les cadavres des leurs jonchaient les rues par centaines, tous les bâtiments avaient été pillés, même le temple. Même Amde pourtant habituer aux combats sanglants eu un haut le cœur. Il envoya aussitôt quatre messagers au roi, lui demandant de lever l’armée et de prévenir les hommes que la même chose qu’à Reccos était arrivée.

     Les elfes gris passèrent le reste de la journée à regrouper les corps, et à la nuit tombée ils allumèrent un bûcher. Le lendemain, Amde décida de laisser un quart de sa troupe à Bertem et Aladir pour qu’ils surveillent la zone. Après avoir affecté les hommes il retourna à Thérans. Bertem et Aladir décidèrent de patrouiller avec deux groupes de dix, et de laisser cinq hommes dans la ville. Le groupe de Bertem rentra rapidement, n’ayant rien aperçu. Celui d’Aladir mit plus de temps, car ils avaient trouvés des traces fraîches dans la forêt, mais la piste aboutit sur une disparition inexpliqué des traces de pas. Au cours de la nuit, tous eurent les sens aux aguets mais rien ne se passa.

     Cette attente du retour des envahisseurs ne dura pas longtemps car très tôt le lendemain, une vingtaine d’orques pénétrèrent dans la ville. Ce fut Aladir qui les repéra le premier de la fenêtre de sa chambre, il rassembla ses hommes ainsi que les réservistes et ils attaquèrent les monstres. Son sabre fendit le crâne du premier monstre, qui mourut une expression de surprise sur le visage. Les orques essayèrent de se regrouper mais l’assaut les sépara en deux groupes. Le plus grand d’entre eux attaqua Aladir qui esquiva avant de lui crever les yeux d’une riposte vicieuse. Il fit de grands moulinets avec sa hache, mais l’elfe les évita et l’égorgea à la première ouverture. Avec lui tomba le dernier orque, aucun elfe n’avait été blessé dans l’escarmouche. Suite à cela Aladir envoya deux hommes prévenir Amde et il partit prévenir Bertem. Les jours suivant furent éprouvants pour les soldats postés à Lakzlo car ils savaient que les monstres pouvaient arriver à tout moment. La peur commença à s’installer chez eux, malgré les efforts d’Aladir et de Bertem pour remonter le moral.

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