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PARTIE 2 : AMERYEL




ATTENTION : Ce texte a initialement été écrit dans le monde Warhammer. Il a été transcrit ensuite dans le monde du Rêve d’Ether. Il se peut par conséquent que des incohérences avec la partie 1 surgissent. Mais les deux mondes en l’occurrence se ressemblent beaucoup pour ce qui est de la compréhension de l’histoire.


Note du traducteur

 

Maintenant que vous connaissez un peu mieux l’auteur de ces pages, je tiens à souligner les transformations que j’ai pu effectuer sur le contenu du manuscrit. Bien sûr, j’ai simplifié et supprimé tout ce qui pouvait être gratuit ou banal à la compréhension de sa personnalité et de son histoire. Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, j’ai finalement très peu travaillé sur la structure du journal en lui-même. Sauf à quelques rares moments, Alarielle respecte très rigoureusement le déroulement de son histoire et ne dévoile les rebondissements qu’avec un surprenant sens du suspense, comme si elle voulait elle-même redécouvrir son histoire. Bien, sûr, il y a parfois des phrases ou des allusions que j’ai écartées de manière à renforcer le côté romanesque de son histoire, mais, entendons-nous, je n’ai rien inventé ni transformé. D’ailleurs, plus l’écriture de son journal avançait et moins j’ai eu à intervenir. Dans la partie qui va suivre, je peux vous avouer, en tout honnêteté, que je n’ai presque pas eu à orchestrer quoi que ce soit.


Compte tenu du caractère très rare du témoignage, j’insiste sur l’importance de la suite. En effet, si nos connaissances sur les elfes et leur mode de pensées sont encore embryonnaires, que dire sur ceux de leurs frères maudits, les elfes noirs ! A ma connaissance, ce journal constitue l’unique témoignage interne que nous ayons à notre disposition. Compte tenu des mœurs et de l’isolement quasi nihiliste de leur peuple, les seuls écrits que nous ayons reposent sur des récits d’anciens esclaves qui ont pu miraculeusement leur échapper. Certains n’ayant pu conserver totalement leur état mental, ils ne sont pas toujours très fiables et restent très extérieurs à leur société à proprement parler. Nous n’avons pour ainsi dire qu’un seul versant qui, si les données tendent effectivement à se recouper, offre au bout du compte toujours le même aspect comportemental. C’est pourquoi, pour le philosophe que je suis, les perspectives ouvertes et le caractère unique de cet écrit constituent une découverte majeure.

La deuxième partie du journal intime va explorer les parties les plus sombres de la psyché elfique. Par leur caractère parfois extrême et récurrent, j’ai parfois écarté certains témoignages, vous pourrez d’ailleurs les consulter dans mon étude complète qui reste à votre disposition dans toutes les grandes bibliothèques dignes de ce nom. Ne me jugez pas sévèrement car, dans la mesure du possible, j’ai conservé tous ceux qui étaient les plus significatifs, ce qui peut également dire aussi les plus effrayants. Mais, effectivement, mes confères ou vous mêmes pourront toujours dénoncer ce parti-pris, je plaide coupable et ne le cache pas. Pour ma défense, comprenez que ma volonté profonde est d’ouvrir à l’humanité des portes qui nous étaient pour l’instant cachées. L’ultime but de mon travail est de nous permettre de découvrir des aspects bons et mauvais que nous avons potentiellement tous en nous que les elfes sont capables d’exprimer d’une manière si puissante qu’ils nous paraissent étrangers. Ne nous méprenons pas, il n’en est rien ! Sur bien des points nous leurs sommes semblables. Je crois au contraire très enrichissant de s’y plonger pour en tirer tous les enseignements positifs que nous pourrons.

Tout d’abord, ce témoignage dénonce l’idée si répandue que les elfes noirs sont une nation à part. Ils le sont uniquement géographiquement, mais s’ils existent, c’est parce qu’ils viennent d’une même nation qui leur a donné naissance suite à un schisme quasi sans équivalent. En effet, il n’y a pas eu du côté des elfes noirs à imposer de leurs idées à un autre peuple mais à renaître vers une terre nouvelle, en l’occurrence inhospitalière et sauvage. La société qui en est née en découla en toute autonomie, sur un sol pour ainsi dire neutre puisque peuplé uniquement d’elfes qui adhéraient à des idées suffisamment puissantes pour s’expatrier. D’ailleurs, quelle peut être la nature d’idées suffisamment puissantes pour pousser un peuple à quitter un lieu accueillant et en paix ? J’en vois  très peu : la Religion tout d’abord, qui est au cœur de cet exode. Ensuite, je dirais le Politique. Et éventuellement l’Economie, mais il faudrait sans doute rajouter l’hypothèse qui est absente ici, d’une insuffisance de richesses ou d’un espace vide qu’il n’y aurait qu’à peupler… Le système politique et les mœurs qui s’y sont créés ont pu le faire sans aucune confrontation réelle puisque toute la nation s’est bâtie progressivement autour de certaines idées. Je pense que cela permit à ce système de trouver sa propre cohérence. Entendons-nous bien, je ne suis pas en train d’en faire son apologie mais bien de cerner sa particularité. Le système ne s’est pas créé contre quelque chose mais au contraire en laissant vivre tous les principes latents autour de l’idée centrale qu’était leur religion de l’épanouissement des sens et du plaisir. Ils sont allés aussi loin qu’on puisse l’envisager en acceptant ses dérives : accepter sa cruauté et se jouer de la vie des autres pour en savourer jusque sa propre perversité.


Mon travail s’est donc réduit à transcrire le plus rigoureusement ce journal afin de capter toute l’essence des elfes et leurs apparentes contradictions, que met en lumière le lien qui unit les deux peuples. Autant nous avons une certaine affinité et des contacts normaux avec le premier, autant nous appréhendons le second uniquement à partir de ses exactions à l’extérieur de ses terres. Les elfes noirs véhiculent donc une image qu’eux même s’amusent à amplifier, sans ne jamais nous donner les clés pour mieux les comprendre. Vous découvrirez aussi qu’ils sont infiniment plus complexes que l’effrayante caricature que nous connaissons tous. Une composante importante qui nous échappe couramment est leur sens si particulier et terrifiant de l’humour. Celui-ci justifie parfois des actes qui nous sont, pour ainsi dire, incompréhensibles si nous n’intégrons pas cet aspect. Nous voyons immédiatement comment il se manifeste à nos dépens mais il existe aussi de manière très marqué entre eux, ce qui tantôt amoindrit l’impact de leur geste à notre encontre tantôt l’amplifie de manière vertigineuse.

Enfin, leur société est finalement assez lointaine de ce que nous croyions en connaître. Je pense qu’à défaut de les innocenter, mon travail nous aidera à les comprendre. D’ailleurs qui sommes-nous pour les juger ? Nos sociétés défendent certes des valeurs morales que nous pouvons considérer comme beaucoup plus respectables, et ceci est indéniablement vrai pour tout philosophe qui se respecte. Mais n’y a-t-il pas une grande hypocrisie à vouloir nous voir uniquement du bon côté de la moralité ? Nos Etats ne font-ils pas autant d’horreurs commises au nom d’une pseudo justice ou de nobles principes ? Dans quelle mesure sommes-nous dupes de tout ceci ? Enfin, jusqu’où s’arrête la moralité de nos actes et où commence l’immoralité ? Bref, toutes ces questions ne trouvent, bien sûr, pas réponse dans les pages qui vont suivre. Seulement, elles doivent nous aider à y réfléchir et à prendre du recul sur bien des positions que nous adoptons de manière dogmatique. Alarielle, au cours de ses réflexions, a découvert certaines réponses qui lui sont propres, nous pouvons certes les critiquer et les juger sans appel, nous pouvons aussi nous en servir pour bâtir une philosophie nouvelle. Maintenant, en lui redonnant la parole, je vous laisse seuls juges.




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