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     Je crois que je me suis mentie. Jusqu’à présent, j’avais fini par me convaincre que mes ennemis avaient échoué, que la terrible épreuve qu’ils m’ont fait subir allait me rendre plus forte et plus dure. Au contraire, il n’en est rien, je crois qu’elle m’a en fait rendu ma sensibilité. Moi, qui, depuis des années, cherchais à nier l’emprise des sens sur l’esprit ou sur la volonté, je vois combien j’ai fait fausse route.

Bien sûr, on peut insensibiliser le corps, on peut nier la douleur, on peut contenir toute émotion pour garder son sang-froid. L’art du combat est plus qu’une technique, les meilleurs guerriers en font une philosophie. Je m’étais crue capable de toute cette discipline sur moi-même, et voire plus encore. J’y étais sans doute même parvenue avant qu’ils ne s’abattent sur moi.

 

     Ce flot de larmes qui m’accapare depuis a un sens. J’ai oublié une partie de moi, j’ai bafoué mes croyances d’enfant. Oui, tout ceci a un sens, simple et lumineux. Pendant toutes ces décennies, j’ai fait fausse route ! Je dois maintenant reconsidérer toutes les valeurs que je défendais jusqu’alors. Peut-être pas toutes, mais suffisamment pour apprendre à me reconstruire sur des bases plus stables et plus solides : admettre que je puisse pleurer, que les évènements les plus simples de la vie puissent me toucher au plus profond de moi et que je porte les marques de bien des drames du passé. Aussi forte et déterminée que je puisse être, je dois assumer ces blessures comme des signes distinctifs. Je ne serai moi-même qu’en les vivant pleinement et en laissant leur empreinte me façonner de la même manière que ma volonté l’avait fait. Voici comment tout un pan de ma personnalité s’est détruit, mettant en cause mon équilibre mental. Quel un vaste programme ! Mais il me tient à cœur. Je sortirai de cette épreuve à la fois plus forte et plus sensible.

 


 

     Je vais certainement revenir sur mes pas. Je veux savoir ce qui s’est passé et peut-être découvrir les responsables. Bien sûr, plus je me rapprocherai, plus je m’exposerai à des dangers, mais la curiosité est la plus grande. Je veux reprendre le contrôle de ma vie et ce n’est pas en fuyant que j’y arriverai. Personne ne doit me reconnaître, je ferai tout pour rester incognito. Retrouver Grienlyce et découvrir sa réaction en me voyant sera mon premier test. Par contre, je ne dois être découverte par aucune autre personne. Pour l’heure, derrière chaque visage connu se cache un bourreau ou un traître potentiel.

     Bizarrement, je n’ai pas encore réfléchi une seule seconde sur l’identité des réels responsables. Pour l’heure, les perspectives peuvent être vertigineuses car je ne peux exclure que l’ordre vienne de très haut. Pour moi, j’ai certainement été victime de quelqu’un de particulièrement bien placé car le plan était trop bien orchestré. D’ailleurs, j’en aurai la confirmation si personne n’a pris ma défense entre temps.

 


 

     Je me suis réveillée ce matin avec une berceuse que me chantait ma mère. Son caractère profondément intime, ses liens étroits avec mon enfance soulignent avec cruauté toute l’ironie du présent. Je ne peux retenir un rire nerveux, que personne ne peut entendre, tout comme personne n’est là pour me la chanter. J’ai beau la chasser de mon esprit, elle me harcèle, comme une odeur de pain chaud. Et devant ce si lointain bonheur, mes sanglots rythment régulièrement la ritournelle enfantine. De manière quasi obsessionnelle, elle s’immisce dans chacun des stratagèmes que je mets en place pour l’oublier. Que veut-elle me dire ? Est-ce un signe ou un message ?

 


 

     Je n’ai toujours pas saisi son intention. J’ai récemment commencé à comprendre que l’esprit laisse peu de coïncidences, et, à force d’introspection, mieux que les souvenirs, les signes qu’il m’envoie, dans son délire anarchique, me dévoilent à moi-même avec une grande subtilité des secrets insoupçonnés. Il est possible que les ressources de chacun de nous soient considérables, simplement il nous faut traverser de grandes épreuves pour le reconnaître. Mais cette fois-ci, je n’ai pas su décrypter son message. Elle a fini par m’abandonner et maintenant je la regrette. Elle m’apportait un peu d’innocence. La berceuse avait fini par incarner ce qu’elle a toujours été : une présence rassurante. Peut-être finalement mon esprit m’a-t-il ainsi apporté secrètement le réconfort dont j’avais besoin ? Je suis presque apaisée. Je crois avoir finalement deviné son but. Mon salut se terre dans l’enfant qui a sommeillé si longtemps en moi et à qui je n’ai plus jamais parlé… Soit ! Et bien, dorénavant, petite Alarielle, je vais t’écouter ! Je vais te redécouvrir ! Quel secret dissimules-tu encore ou qu’ai-je oublié de toi ? L’idée est bête mais elle me plaît !

 


 

     Je ne suis pas en état pour relater la suite d’une part parce qu’elle fut cruciale pour moi et parce qu’un de ces souvenirs insignifiants m’est revenu. Un petit souvenir léger comme l’écume des vagues. Soloris possédait une robe que j’avais toujours trouvée très belle. De manière inéluctable, il arriva un jour où elle ne put plus la porter. Treviline lui dit en riant que, à elle, elle lui irait toujours. Et nous nous sommes regardées toutes les trois, comme si nous avions eu la même idée. Nous allions nous prêter nos robes favorites. Puisqu’elle me l’avait prise, j’avouai un faible pour l’une des siennes, cramoisie avec des motifs crème et jaunes. Soloris se contenta de celle qui lui allait encore le mieux parmi les miennes, une robe bleu nuit avec un liseré de dentelles.

 

     Nous continuâmes notre jeu en imitant les démarches, les intonations de voix et la coiffure de chacune. Treviline arrivait merveilleusement à accentuer celles de notre compagne, utilisant comiquement ses expressions favorites. Nous fîmes beaucoup rire le collège, même si certaines nous trouvaient un peu folles. Cet échange avait un effet des plus bizarres sur moi, et sans doute sur chacune de nous trois. Nous nous connaissions tellement ! J’avais l’impression de rentrer dans la peau de l’autre ou de lire dans ses pensées. Un sentiment de culpabilité m’assaillit qui interrompit ma gaieté un court instant. Puis, je sentis aussi combien mon amie nous aimait. En la regardant, je compris que des pensées similaires la travaillaient, comme si elle en voulait à notre amie de lui avoir dissimulé un terrible secret. Je ne pus m’empêcher de penser que, bien qu’elle sût rester discrète sur elle et son passé, Treviline, elle, ne nous cachait rien d’important. C’est alors que Soloris rentra dans la pièce en exagérant sa démarche et en faisant ressortir tout son ventre. Nous nous rapprochâmes d’elle et posèrent notre main dessus. Nous nous embrassâmes toutes les trois, unies comme jamais nous l’avions été et comme plus jamais nous ne le serions.

 


 

     Je crois pouvoir avoir confiance en ma fidèle Grienlyce. Bien que je fusse sur mes gardes avant et pendant notre entretien, je dois avouer que j’étais encore plus résignée à me rendre si jamais elle m’avait trahie, car elle fait partie des seules personnes pour lesquelles je me suis battue jusque-là. Après quelques minutes de paranoïa, j’ai réussi à avoir la certitude qu’elle était bien venue seule, avec une garde-robe et un cheval. Elle a même préféré ne pas prendre ma fidèle monture ou mes bijoux de grande valeur pour ne pas éveiller de soupçons. Seules quelques broches et boucles d’oreilles. Pas d’argent. Je la comprends et ses initiatives prouvent que j’ai là une première alliée. Son aide, son intelligence et sa discrétion me seront précieuses. Je n’ai pas encore idée du pourquoi mais voici la première pierre de mon nouveau destin. Elle doit revenir demain avec de la nourriture et le Phœnix de ma mère. Nous n’avons quasiment pas échangé de mots. Je crois qu’elle me respecte plus que tout. Je pense très prochainement lui avouer son rôle pour surmonter mes épreuves. Même si cela doit me montrer plus faible à ses yeux, je crois que nos liens n’en seront que plus forts.

 


 

     Je me rends compte que ma vie a basculé en un seul jour et je peux regarder tout ce qui précède comme un long préambule. Les traits de Treviline s’étaient durcis, sa voix prenait des accents graves inhabituels. Je ne saurais dire si la grande complicité qui nous unissait alors en était la cause mais, à l’inverse des pensées de mon entourage, je n’arrivais pas à cerner celles de mon amie. J’avais eu cette illusion le temps de revêtir sa robe, mais sa nature introvertie avait développé une profondeur d’âme qu’il m’était impossible de sonder complètement.

     Un jour, elle parut comme effrayée et ne put s’empêcher de s’entretenir avec moi. Elle prit nombre de précautions pour s’assurer que personne ne pouvait nous entendre et elle m’emmena dans le fond du jardin, dans un vieux débarras. L’aspect solennel de cet entretien me troubla car je n’en voyais aucune explication, la seule que j’envisageais concernait la part d’imposture que j’entretenais avec elle et qui souvent me rendait honteuse, car, à mes yeux, elle aurait été la seule capable de me comprendre et de me pardonner.

 

     Elle venait à peine de franchir la pénombre de la pièce qu’elle se dévoila à moi si promptement que j’en fus encore plus surprise : « Soloris est une elfe noire ! » Elle avait dit cette phrase à toute vitesse comme si elle lui brûlait les lèvres. Ses yeux étaient plein d’effroi, je compris que les deux derniers mots réveillaient inexorablement dans sa mémoire les douloureux souvenirs de son enfance. De mon côté, j’eus le plus grand mal à garder mon sang-froid. Ma première réaction fut de la rassurer et de la convaincre qu’elle se trompait. Pendant ce temps, je ne pouvais m’empêcher de contempler la ligne parfaite et délicate de la cicatrice de son visage. Elle était très nerveuse. Elle me prit par la main et me fixa droit dans les yeux. J’eus sans doute un petit geste de recul. Elle me dit : « Dans son regard brille une flamme que j’ai déjà vue… il y a longtemps et je sais que ton regard contemple malgré toi la marque que j’ai héritée de cette épreuve. Crois-moi, je ne peux me tromper ! Soloris EST une elfe noire ! »

     En même temps qu’elle me parlait, je sentis en moi une lumière jaillir dans mon esprit. Bien que je n’en aie jamais eu conscience jusque-là, je réalisai soudain que j’étais moi-même devenue des leurs. Sans doute le lut-elle dans mon âme car son attitude changea du tout au tout. Elle baissa la tête, puis sa voix se fit hésitante, étouffée par quelques larmes. Elle continua de me parler, lentement, d’une voix retenue et vibrante d’émotions : « Tu peux me croire… Ses yeux ne peuvent plus me mentir…J’ai trop payé pour ça ! Tu ne peux pas savoir ce dont ils sont capables… Toi seule peut m’aider… Alarielle, que dois-je faire ? Que devons nous faire, Alarielle ? ». Il n’y avait ni haine ni colère, juste une terrible résignation qui semblait m’accuser. J’étais de mon côté incapable de lui répondre. Elle m’avait mise à nu à mon tour. Elle rajouta, le regard toujours plus bas, avec sa cicatrice qui grandissait à chaque cheveu qui glissait de son oreille : « Alarielle, je t’en supplie, aide-moi ! ».

     Bien que je fusse bouleversée par mon amie, je compris soudainement que j’avais choisi mon camp, j’appartenais moi-même au monde des elfes noirs. Depuis longtemps, j’étais devenue une étrangère parmi les miens. Et quelque chose me chuchotait des ordres, et plus que tout je voulais protéger Soloris et son enfant. Je glissai dans mes mains les deux poignards qui ne me quittaient plus, et, sans qu’elle eût bougé, d’un geste à la perfection implacable, comme si on guidait mes bras, je lui ai tranché la gorge. Elle ne cria pas, elle tomba dans un bruit d’étoffe suivi du choc sourd de sa tête contre le bois. Dans l’obscurité de la pièce, la flaque qui s’étalait peu à peu autour de sa tête était noire comme la nuit. J’examinai froidement la situation et chaque geste, chaque action que j’avais faite jusqu’alors devenait logique. Lorsque je regagnai Kaerion, je n’eus qu’un mot : « Il faut partir ! » Sa réponse ne m’étonna pas, le regard plein de fierté et d’une lueur brillante et magnifique, il me dit simplement : « Je sais ! »

 


 

Note du Traducteur : deux auréoles rouges marquent cette page ainsi que les suivantes. Deux gouttes de sang sont tombées et ont transpercé le papier jusqu’ici. Même si j’ai pu déchiffrer sans trop de difficultés la plupart des passages souillés, j’ai certainement commis quelques approximations.

 

     Je reviens sur ce que j’ai écrit hier. Je donne l’impression d’être possédée, ce qui n’était pas du tout le cas. Il s’agit d’un effet de style de ma part bien inutile qui cherche à réduire ma responsabilité. Soyons précis : personne ne m’a dicté quoi que ce soit, personne n’a guidé mon bras, seulement j’avais découvert une nouvelle Alarielle. D’ailleurs à compter de ce jour, très peu de repères temporels ont laissé leur marque dans mon esprit, tout ce qui va suivre sera marqué par le sceau du désordre. Le recul que j’ai acquis en rédigeant ce journal me montre que, jusqu’à l’égorgement de Treviline, chaque événement de ma vie s’était développé comme le fruit d’une fatalité extérieure et inflexible. A chercher des explications sur tout et à toujours tenter de mieux me comprendre, j’ai certainement accentué de manière inconsciente ce processus. Tout devient mis à nu, logique, parce que je suis obligée par le processus d’écriture et de manière à mieux comprendre mon histoire de l’organiser.

 

     Je dois avouer que jusqu’à aujourd’hui je n’avais jamais réalisé ma passivité. Le meurtre de Treviline, aussi terrible qu’il puisse être, marque d’une certaine manière la prise en main de mon destin. Je crois dès aujourd’hui tenir ici l’épicentre de mes futures réflexions.

 

     En toute honnêteté, je peux confesser que je n’ai pas beaucoup pensé à mon amie durant toutes ces décennies, mais en revivant cette scène, je réalise à quel point elle m’était chère, combien elle me respectait et combien elle a laissé son empreinte en moi. Son ultime résignation ne lui avait valu jusqu’à présent que mon mépris, alors qu’à cet instant elle était sublimement la plus forte de nous deux et la plus lucide. Ce souvenir réveille peu à peu une émotion que le temps écoulé a amplifiée. Aujourd’hui, l’attitude qu’elle a eue en ce dernier instant me bouleverse complètement. Ai-je jamais eu une autre amie aussi digne qu’elle ? Non, je ne le crois pas. Comment ai-je pu ignorer si longtemps une telle évidence pour commettre ce geste gratuit ? Maintenant que je cerne la mécanique qui m’a pour ainsi dire programmée, il me faudra répondre à cette question sans chercher de subterfuges. Treviline, tu me manques comme tu ne peux l’imaginer. Certes, je dis ça parce que je suis seule, mais je me rends compte qu’il n’y a que toi qui saurait remplir le vide qui me hante. Treviline, regarde-moi, regarde ce que je suis, me comprends-tu ? Peut-être m’avais-tu pardonnée avant même que je… Oui, j’ai honte de l’écrire, le mot me choque, je recherchais hypocritement un terme moins brutal, il est d’ailleurs symptomatique que je cherche à atténuer la portée de mon acte. Mais la vérité est là : je t’ai tuée ! Je le crie ! Pardonne-moi de t’avoir oubliée et de n’avoir eu aucun remords ! Non, ne me pardonne pas, attend que j’en sois digne. D’étranges vibrations se répandent dans mon corps ainsi qu’un vertige. Je me sens mal. Je préfère m’arrêter ici…

 


 

     Treviline, je regrette d’avoir retranscrit mon émotion de manière si pitoyable, tu mérites beaucoup mieux ! Mais mes dernières phrases sont honnêtes, sans doute beaucoup plus impudiques que tout ce que j’ai pu écrire jusqu’à présent. Je pense que je pourrais faire mieux aujourd’hui mais, si je le faisais, ne serait-ce pas par orgueil ? Je doute finalement que je puisse être plus sincère, et, te connaissant, je sais que là est l’essentiel pour toi.

     Sache, mon amie, que je n’en ai pas fini avec toi. Toujours tu continueras de vivre en mon sein. Je sens que j’aurai à nouveau beaucoup à apprendre de toi, bien sûr je suis aussi beaucoup plus réceptive. Il me plait à imaginer que tu as voulu me laisser ce cadeau. Ton souvenir figurera dorénavant parmi mes plus précieux ! Tu resteras sans doute l’unique ange gardien que j'ai jamais eu. Comme je l’ai déjà écrit, même tes silences m’étaient plein d’enseignement, et le silence éternel qui nous unit constitue la première pierre de ce que je souhaite construire. Mon amie, deviens la matrice de mes changements futurs. En tout cas, je souhaite conserver intacte l’amitié que tu m’as portée et la muer en une force capable de guider mon cœur. Mes larmes sont sans doute tout ce que je possède de précieux, sache, ma douce et silencieuse compagne, que je garderai la toute dernière pour toi. [1]

 


 

     J’ai réentendu ma berceuse et cette fois-ci le message est clair, elle me parle de Treviline ou peut-être même est-ce elle qui me la chante directement ? Effectivement, tu agis sur moi de la même façon que cette chanson enfantine. D’ailleurs, la voix qui me la chante est bien la tienne, je ne l’avais pas reconnue. Mon amie, tu es toujours aussi magnifiquement sensible et discrète. Parle-moi ! Chante ! Je t’écoute.

 


[1] Note du Traducteur : Comme je l’ai dit précédemment, les elfes accomplissent leur vie de manière à rester le plus longtemps dans la mémoire des vivants. Nous, humains, pouvons y voir un signe de prétention mais il n’en est rien. Il faut comprendre que nos vies sont effroyablement courtes comparées à la leur. Imaginons un seul instant que nous puissions vivre cinq ou huit cents ans. N’envisagerions-nous pas la vie autrement et finalement de manière foncièrement identique à la leur ?

     En insistant si fortement dans son journal sur l’importance des traces de Treviline dans son cœur, Alarielle ne fait rien d’autre que de perpétrer cette tradition, d’ailleurs sans doute de manière inconsciente. Bien sûr, elle souligne également de cette façon ses remords et sa culpabilité, mais son esprit semble conditionner pour maintenir en vie son amie à travers son souvenir. J’y vois personnellement une résurgence de cette tradition.

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