file L'elfe noir

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il y a 1 an 6 mois - il y a 1 an 6 mois #21566 par Zarathoustra
L'elfe noir a été créé par Zarathoustra
C'est un truc que je traine depuis 6 mois, mais comme on n'a rien à se mettre sous la dent, je vous le propose.
L'idée était de tester une autre façon de raconter le Rêve d'Ether ou de le tyraiter comme je l'avais avec le Chant des Pierres, c'est-à-dire à travers un seul groupe de personnages. Donc ici, je pars de Kaerion. Pourquoi lui? Parce que tout bonnement c'est celui qui est le moins développé (comme les yhlaks quand je me suis lancé dans le Chant des Pierres) et que j'ai soudain de la sympathie pour lui.

Donc ce que je vais vous présenter pose les mêmes problèmes que le texte de Monthy, à savoir comment lancer son histoire et gérer le background et l'histoire des protagonistes. Ici, il se greffe une autre problématique: je ne débute pas mon histoire avec le "vrai" début. Si vous avez lu le Rêve d'Ether, vous découvrirez que l'intrigue de cette histoire coïncide avec ce qui se passe juste avant le chapitre 18. Bien sûr, il n'y pas 17 chapitre avant, mais juste 4 ou 5 qui parlent des protagonistes; Donc l'enjeu est là: savoir si un lecteur qui ignore tout du Rêve d'Ether et de ce qui s'est passé "avant" ce que propose l'histoire va pouvoir prendre le train en route.
Bref, j'aimerai savoir si cela passe. Je vous mets ce qui constituerait la partie introductive du 1er chapitre, donc quelque chose d'assez court (sachant que je ne sais pas encore précisément quand je couperais le premier chapitre dans ce que j'ai écrit).

Si discussion il y a, peut-être cela me donnera envie de reprendre l'écriture de la suite (j'ai une trentaine de pages pour l'instant mais dans laquelle je vais devoir réintroduire les éléments de la trame des fameux chapitres que j'ai "sautés").... Pour ce qui est du style, ce n'est pas forcément hyper travaillé, et c'st bien pourquoi je le propose ici car cela doit être très perfectible.

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il y a 1 an 6 mois - il y a 1 an 6 mois #21567 par Zarathoustra
Réponse de Zarathoustra sur le sujet L'elfe noir
Chapitre 1 (partie 1)

Depuis près d’une demi-heure, en plein des grandes plaines qui recouvraient le sud-ouest de l’Eldred, une petite troupe de sept individus traversait tranquillement à cheval le Comté de l’Oden en longeant une rivière depuis plusieurs kilomètres. Quiconque l’aurait croisée aurait eu tout lieu de s’étonner. De loin, on aurait dit qu’un humain était escorté d’elfes, dont la présence en Eldred, surtout depuis la Grande Guerre qui avait opposé les deux races, paraissait improbable d’autant plus pour qui aurait reconnu la silhouette de l’humain, le Comte de Krycie, soit l’un des plus habiles négociateurs de l’empire. Autour d’eux, les terres n’étaient plus aussi sauvage ni aussi marécageuses qu’à l'ouest de la capitale. Parmi les champs verdoyants qui laissaient ci et là les herbes les plus hautes se dessécher, comme un long et léger duvet épars, s’ébrouaient et galopaient des troupeaux de chevaux sauvages au milieu de dizaines de ruminants divers et variés que des éleveurs laissaient paître la journée.

Imperceptiblement, le temps changeait. Ils avaient cru un instant, avec l’apparition du soleil dans la matinée, que le beau temps s’installerait pour de bon, mais la brise, malgré la douceur de sa caresse, apportait avec elle le retour d’une épaisse et lourde grisaille qui ne présageait rien de bon, surtout qu’ils avaient déjà passé la veille sous la pluie. Or, pour éviter de nouveaux exploits de ce maudit Kaerion, ils avaient décidé de passer la nuit à la belle étoile.

Sur le dos de son cheval qui suivait nonchalamment et instinctivement la file indienne des autres montures, et soigneusement surveillé par le groupe, l’elfe noir regardait au-dessus des champs de roseaux qui bordaient de part et d’autre l’eau de la rivière qui s’était assombrie en même temps que le ciel. Il ignorait pourquoi il aimait autant ce spectacle. Cette teinte opaque et sombre et impassible, presque indifférente au monde qui l’entourait, le fascinait, comme si la sérénité qui s’en dégageait n’était qu’un leurre et que sous cette surface paisible se dissimulait une menace sauvage. Plus que tout, il avait cette envie en lui de descendre de son cheval et de se saisir d’une pierre soit pour la transpercer et réveiller ainsi le monstre imaginaire qu’elle cachait, soit pour l’exciter en douceur en caressant sa surface avec des ricochets, comme il le faisait étant enfant. Ce besoin était d’autant plus fort en lui qu’il avait les mains ligotées derrière son dos et que l’immobilité forcée par cette contrainte physique le rongeait. Etrangement, l’image qu’il projetait dans sa tête semblait sortir de son corps, un peu à la manière d’un fantôme, dans une sorte de déchirement intérieur, alors même que les liens autour de ses poignets s’obstinaient à l’y en empêcher et aiguisaient sa frustration. À la place, il laissait son regard dériver et ricocher sur la surface opaque dont les scintillements gagnaient en éclats au fur et à mesure qu’elle s’obscurcissait. Quelque part, il avait hâte de sentir la pluie tomber sur son visage et de découvrir la multitude des impacts de la pluie sur ce miroir soudainement épais et dense comme de la lave.

Autour de lui, le Comte de Krycie et la délégation d’elfes se muraient dans un silence pesant. Partout, il sentait que l’hostilité à son sujet était montée, surtout depuis sa dernière tentative d’évasion dans l’auberge. Sans dire qu’il en jubilait, il appréciait de ne plus être importuné dans ses pensées par ces discussions futiles, sensées distraire, ou les incessants questionnements pour sonder ce qu’il savait exactement sur cette mystérieuse elfine autour de laquelle semblaient converger tous les troubles récents du monde de Jourzancyen. Il faut dire que, depuis qu’il la connaissait, elle avait toujours eu l’art d’attirer sur elle les problèmes, du moins dès qu’ils avaient décidé de quitter tous les deux l’Avalon, l’île des Rayonnants, pour rejoindre l’Aubemorte, l’île-continent des elfes noirs créée par magie par les rayonnants. En regardant ses compagnons de route qui le tenaient prisonnier, il appréciait à cet instant toute l’ironie que son peuple se fût dénommé « Ombres » en réaction à l’arrogance du terme de « Rayonnants ». Il souriait d’autant plus qu’il avait l’impression que chaque partie de ce monde se tenait, comme pour ainsi dire, par les couilles dans un vaste jeu d’esbroufe et d’imposture. Par exemple, tout le monde savait que l’Eldred, alors qu’elle était la plus vaste et plus puissante nation humaine, n’avait pas participé à la guerre aux côtés des autres nations contre les elfes, uniquement parce qu’elle appréciait les pots-de-vin et autres menus services fort discrets que les Ombres savaient lui offrir. De leur côté, les deux grandes nations elfiques n’avaient dû leur salut uniquement parce que l’Eldred était resté à l’écart et avaient ainsi découvert leur grande vulnérabilité face aux humains. Quant aux Rayonnants, ils auraient été balayés par la première vague d’assaut si les Ombres ne s’étaient pas jointes à leur côté de manière impromptue dans les combats. Quant à ces derniers, ils devaient l’existence des terres d’Aubemorte uniquement parce que les magiciens d’Avalon entretenaient nuit et jour les puissants enchantements qui avaient été nécessaires à sa création, jusqu’à quasi vider Jourzancyen de toute sa magie. Et désormais, l’Avalon était désormais lié au destin de l’Aubemorte. Quand les forces magiques avaient décliné et transformé la pure et douce Aubeclair originelle en cette île sinistre et mortifère d’Aubemorte, les Rayonnants avaient compris que, même si la beauté de leur île n’avait pas pareillement été flétrie, la réalité même de leur île avait parallèlement vacillé en ce monde.

Partout, pour qui s’en donnait la peine, l’ironie de ce jeu se révélait. Et d’ailleurs, même dans cette petite troupe, lui et les autres se tenaient par les couilles. Le sort de sa vie était en leurs mains, mais ils avaient besoin de lui pour mener à bien leur mission parce qu’il connaissait cette mystérieuse Ayanrielle. Oui, il la connaissait parfaitement. Et peu importe qu’elle s’appelât Alarielle, Ameryel ou Aynarielle, c’était la même elfine qu’il avait serrée dans ses bras pendant de longues décennies. Mais il possédait un autre secret qu’il avait découvert en les écoutant parler des mystérieux changements survenus sur les cercles de Monolithes en Avalon et que les elfes recherchaient sur les terres humaines. Un secret qu’il gardait pour l’instant pour lui, au cas où le sort s’acharnerait sur lui : non seulement il avait vécu de longs mois auprès de celui d’Aubemorte, mais en plus, lui, il avait touché ses pierres à bras le corps sans avoir été maudit comme l’avaient été tous les autres.
**
*

Avec l’avancée des nuages, la lumière recouvrait le paysage d’un voile lugubre. Les clapotis invisibles de l’eau les berçaient tandis que la plupart fixaient tantôt le sol, tantôt les vastes étendues d’herbage ou de roseaux devant eux, mais aucun ne fixait vraiment le ciel, comme s’il les écrasait déjà avant même de libérer l’averse qui ne tarderait pas. De son côté, le Comte avait hâte de retrouver ses terres et sa fille pour en savoir plus sur la présence improbable des furies d’Aubemorte qui y avaient été capturées par l’Ordre religieux de Vuldone.

Dans trois jours, dès que l’on sortirait des forêts qui encerclaient Locelane, sans doute que les elfes peineraient à comprendre cette joie dans son cœur d’humain de découvrir le paysage changer, sans doute encore insuffisamment à leur goût compte tenu des saisissants contrastes et de l’irréelle beauté d’Avalon. Il le voyait déjà. Une végétation à la fois abondante et robuste couvrirait partout une terre ingrate. Un relief accidenté affleurerait régulièrement sur leur route, vestiges d’un ancien massif calcaire à la roche blanche comme de la craie. Il aimait voir ce résultat parfois saisissant, notamment quand des pitons rocheux s’étaient détachés sous l’effet de l’érosion et se dressaient seuls comme des mats de bateaux fantôme. Partout, même au milieu de champs de cailloux ou à fleur de coteaux, des arbres tortueux auraient pris racine et défieraient la pauvreté de cette terre brûlée. Dans les collines ou le long des cours d’eau, une végétation abondante et fleurie envahirait chaque parcelle de terre et offrirait de magnifiques éclats de couleur. Seulement, autour de lui, il n’y avait à cette heure que cette grisaille qui ne les quittait pas depuis deux jours.

Depuis peu, partout autour de lui, le monde semblait basculer dans une tourmente qui ne cessait d’enfler et de menacer des équilibres séculaires sur lesquels reposait le monde de Jourzancyen. Et la venue de ces elfes pour interroger Vivien, l’Empereur lui-même des eldreds, avait même fait ressortir la vieille légende oubliée du Rêve d’Ether. Comme si la soudaine invasion des yhlaks, les phénomènes surnaturels des cercles pierres des elfes, la présence des furies, bref, tout ce bazar qui s’accumulait sur Jourzancyen pouvait être expliqué par cette vieille légende ridicule. Comme si cette tonne de problèmes n’était qu’une illusion émanant d’un Géant qui dormait !

Il faut dire que les yhlaks, que les eldreds avaient chassés de leurs terres il y a des siècles, avaient décidé de les reprendre, sans qu’on ne sût pourquoi. Ils avaient multiplié les victoires et même percé au sud de la capitale, en la contournant soigneusement, aidés par la récente alliance avec le Mothy qui avait complètement surpris l’état-major militaire eldred. Alors, partout, les armées se préparaient à défendre leurs terres. C’était peut-être étrange, mais il se mit à penser à sa fille et au destin qu’il s’était résigné à lui réserver. Même sur ses terres, son autorité était de plus en plus contestée par ces fanatiques de Vuldone pendant que les Comtés voisins complotaient derrière son dos pour l’affaiblir. Peut-être que ce mariage simplifierait tout et prendrait ses adversaires de cours. Le monde semblait n’être que folie autour de lui, comme si on pouvait encore se permettre de jouer à ces petits jeux alors que de vastes enjeux s’apprêtaient à faire basculer le destin de tous. Quant à lui, il avait suggéré à l’empereur de faire le pari de concentrer sa frappe contre le peuple du nord, car il savait que les eldreds avaient encore de nombreux appuis dans le Mothy et, s’il prouvait la faiblesse de leur allié, alors il était vraisemblable qu’il réussirait à retrouver la stabilité diplomatique passée.

Alors, dans un palais où couraient des rumeurs inquiètes, une autre était parvenue aux oreilles du Comte et de la délégation elfique : l’Empereur avait entendu les incessants appels de l’Ordre de Vuldone et refuse le recours à Gisère, le plus puissant des magiciens humains. Et le Comte partageait son dégoût à un tel appel. L’Empereur et le magicien, bien que sages tous deux, s’appréciaient fort peu, car chacun avait sa propre vision de l’avenir et du devoir. Le Comte savait aussi que la voix chevrotante et aiguë du magicien provoquait l’agacement de beaucoup, et il en jouait, car on ne le dérangeait ainsi que dans les grandes occasions. Et cet homme n’avait que faire des querelles quotidiennes, seul l’intéressait l’équilibre du monde dans sa globalité, aussi il se montrait parfois très désinvolte pour défendre les intérêts de son propre pays sans qu’il n’y eût d’autres enjeux.

De toute façon, Gisère était le genre d’homme à exiger de l’empereur lui-même qu’il l’associât dans la gestion des affaires du monde ou dans ses tractations diplomatiques. Un prix que ce dernier n’était certainement pas prêt à lui payer. Il faut dire que ce qui motivait avant tout le magicien était d’œuvrer pour accroître sa connaissance du monde dans le but d’égaler et pourquoi pas surpasser celle des elfes. Elle exigeait des moyens financiers importants, aussi monnayait-il ses services au-delà du raisonnable pour les puissants, et parfois pour une bouchée de pain lorsque son interlocuteur n’avait pas les moyens, à condition que l’empereur Vivien trouve une compensation dans la réalisation de sa mission. Mais la présence de cet homme était mal vue par ses interlocuteurs, car elle montrait la chance qu’avait l’Eldred d’avoir un homme si puissant, capable de faire basculer une bataille. C’était pour cette raison qu’il voulait prouver aux souverains du monde qu’il pouvait vaincre sans ce soutien trop voyant, car, au bout du compte, une telle intervention aurait prouvait aux yeux du monde entier la faiblesse de l’empire eldred. Qu’arriverait-il si son plan échouait ? Les yhlaks arriveraient-ils à les chasser comme eux l’avaient fait ?

Le Comte de Krycie comprenait soudain ce que son peuple leur avait fait subir. Perdre la terre de ses aînés, c’était comme renier sa propre identité. Et les yhlaks s’étaient exilés dans un vaste mouvement plein de dignité, renonçant certainement à ce qu’ils avaient eu de plus cher. Jamais les eldreds n’accepteraient un tel châtiment. Sauf à trouver un compromis, tout se terminerait dans un immense bain de sang. Un souverain avait-il le droit de l’accepter et en quel nom ? Le sien ou celui de son peuple ? Alors, à la place de cette soumission à l’Ordre de Vuldone et de cette capitulation face au magicien, le Comte l’avait entendu donner ses ordres militaires pour contrer ce double assaut, juste après qu’il leur eût confié le sort de l’espion elfe noir d’Aubemorte. Il aurait été plus simple de le tuer, mais l‘un des elfes, surnommé Brénis, avait eu cette lubie qu’il pouvait leur être utile. Le comte devinait les tourments de l’Empereur et demanda de prendre congé au plus vite pour éviter de lui en ajouter. Il lui promit de mener à bien sa mission et qu’il l’informerait s’il retrouvait la trace des Larmes du Géant.

Régulièrement, comme pour chasser tout ce tumulte de sa tête, le Comte cherchait à s’isoler le plus souvent en laissant la troupe devant lui. Il aurait pu réfléchir à sa mission et à quelle sournoiserie cet elfe noir et ces furies étaient venus commettre et s’il y avait un lien entre eux, car il peinait à croire que l’un voulait la mort de l’autre. C’était trop simple. À la place, il repensait à cette elfine qu’il avait reçue dans son château et qui avait si splendidement charmé l’assemblée. La race des elfes l’avait toujours fasciné, mais cette elfine possédait quelque chose de plus inexplicable. Sans même connaître les mystères qu’on lui avait révélés depuis, il avait deviné en elle un être extraordinaire qui l’avait fasciné.

Or, avec le temps, rares devenaient les conquêtes à lui insuffler une griserie si durable. Ce fut indéniablement le cas cette fois-ci, même s’il n’y avait eu aucun véritable sentiment, plutôt une appréciation quasi professionnelle des échanges charnels qu’ils avaient partagés le temps d’une nuit. Il avait particulièrement savouré ces moments qui imprimaient dans son corps un souffle de jeunesse et flattaient son ego. Et cette Aynariel lui avait apporté tout cela. Pourtant chacun avait gardé ses secrets. Ainsi, le Comte avait longtemps cherché à vaincre sa stérilité en maudissant ses conquêtes. Puis, il l’avait acceptée, comme un juste châtiment à toujours s’être lassé des femmes qu’il avait serrées dans ses bras. Dès lors un voile de mélancolie s’était abattu sur son visage qui, aux dires des femmes, le rendait encore plus séduisant, malgré les années qui défilaient et marquaient un peu plus ce corps. Mais rien n’étanchait vraiment sa soif insatiable de nouvelles conquêtes.

Seulement, il ne l’avait connue qu’une nuit, mais depuis, il avait l’impression d’avoir effleuré le cœur de cette créature. Il n’arrivait pas à se convaincre que la détresse qu’il avait lue dans ses yeux put être feinte. Or elle ne s’accordait pas à tout ce qu’on lui avait révélé. Peut-être parce qu’il ne supportait pas qu’une femme ait pu se jouer de lui ? En fait, c’était exactement le contraire, il le voulait, car elle aiguisait davantage son désir. Il savait les elfes complexes, mais cette elfine semblait être un problème insondable même pour son propre peuple.

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il y a 1 an 1 mois #21586 par Ignit
Réponse de Ignit sur le sujet L'elfe noir
Comme ça fait un moment que je vois ce texte sans réponse, je me dis qu'il serait de bon ton que j'essaie d'en faire une ; mais le temps est une denrée qui se fait rare, et j'avoue avoir peiné à en voler pour l'occasion. Mais que cesse la procrastination, je vais tenter de m'y mettre !

Bon, précision de prime abord : le texte a l'air de venir d'un corpus, or je crains de ne pas l'avoir lu et peut-être certaines de mes remarques seront-elles donc quelque peu à côté de la plaque. Si c'est le cas, navré !

Ce qui m'amène à commencer avec la localisation du bât (celui qui blesse) : il y a trop d'exposition. Plus exactement, je trouve la première partie, avec l'elfe noir, plutôt correctement dosée. On a un mélange de description de situation, et de l'exposition ; l'avant-dernier paragraphe qui commence à parler de Rayonnants etc. me semble un poil chargé en noms divers et variés, dont le rapport avec la situation me semble peu évident, mais ça se tient encore. En revanche, la deuxième partie, autour du Comte, amène encore plus de noms et de background qui rend encore moins évident les infos précédemment obtenues. Moralité, à part qu'il y avait plusieurs nations elfiques qui se tapaient dessus à un moment, j'avoue ne pas avoir retenu grand chose.
Et à côté de ça, la situation, décrite comme inhabituelle (délégation mêlant elfes / un humain / un prisonnier elfe noir), n'est jamais relancée !
De ce que je crois comprendre de ton premier message, c'est en partie ton objectif que de narrer, au travers d'un prisme réduit, une histoire qui affecte le reste du monde ; bref, nécessairement, le concept appelle à de l'exposition. Mais je pense qu'il faut la doser, ou la justifier davantage pour ne pas perdre le lecteur ; et surtout, ne pas laisser au lecteur la sensation que ce qu'il ne lit n'est qu'un prétexte à raconter autre chose. Mon humble conseil serait donc de prendre les choses plus tranquillement et ajouter des éléments au récit de "premier degré". Varier également les media par lesquels s'opère ce récit "meta" : on n'a pour l'instant eu que des voix internes de personnages, mais des discussions entre membres de la délégation, des gens croisés au fur et à mesure du voyage, etc., permettraient sans doute d'alléger le procédé. Et en parallèle de ça, mettre plus l'accent sur ce premier niveau d'histoire, et cette délégation ; à l'heure actuelle, on ne sait pas trop où elle va, la notion de temps est diffuse, etc..



A échelle plus réduite, il y a plusieurs tournures qui m'ont chiffonné, et une vague tendance à faire des phrases un peu longuettes.

De loin, on aurait dit qu’un humain était escorté d’elfes, dont la présence en Eldred, surtout depuis la Grande Guerre qui avait opposé les deux races, paraissait improbable d’autant plus pour qui aurait reconnu la silhouette de l’humain, le Comte de Krycie, soit l’un des plus habiles négociateurs de l’empire.


D'une part : "paraissait d'autant plus improbable" me semble plus correct.
D'autre part : il y aurait lieu à faire au moins deux phrases, je pense. On a une première proposition, qui est "on aurait dit". Or, la présence d'elfe est improbable ! Et ce d'autant plus pour qui aurait reconnu etc..

Et du point de vue du sens, je ne suis pas sûr de comprendre la raison du "d'autant plus pour qui" ; si c'est un négociateur, ça ne me semble pas saugrenu de le voir escorté d'elfes ?
Sinon, la silhouette est-elle reconnaissable ? Si oui, en quoi ? Si non, pourquoi est-ce que c'est sa silhouette qui est reconnue, et pas le personnage lui-même ?

Ils avaient cru un instant, avec l’apparition du soleil dans la matinée, que le beau temps s’installerait pour de bon, mais la brise, malgré la douceur de sa caresse, apportait avec elle le retour d’une épaisse et lourde grisaille qui ne présageait rien de bon, surtout qu’ils avaient déjà passé la veille sous la pluie.


Idem, phrase à tiroirs un peu lourde à mon humble avis.

Ensuite, et sans citer de passage, j'aime plutôt bien quand on passe au point de vue de l'elfe noir. En revanche, mais c'est un détail, j'ai du mal à me représenter le groupe, et sa situation dans le groupe. Tantôt son cheval suit la file indienne (pourquoi une file indienne ? A cause de la route, d'un endroit particulier qui le nécessite ?) ; tantôt les autres sont "autour de lui".


Aparté sur le sens :
Qu'est-ce qu'un elfe noir ? Une race à part ? Physiquement, ça se manifeste comment ? Il y a beaucoup de descriptions de paysage (ce que j'aime beaucoup !) mais peu de détails sur les personnages.
Pourquoi le monde a-t-il un nom ? Et pourquoi les personnages le connaissent ? C'est toujours quelque chose qui me décroche un sourcil et l'amène au milieu du front, dans les récits de fantasy. Je peux me tromper, mais on n'a jamais nommé notre monde (la Terre), avant de la penser en tant que monde parmi d'autres mondes ; c'est une échelle qui me semble toujours très étrange pour des personnages qui n'ont qu'une connaissance parcellaire de ce qui les entoure. Mais je ne connais pas le reste de ton monde, justement, et peut-être que je dis des bêtises !

Un secret qu’il gardait pour l’instant pour lui, au cas où le sort s’acharnerait sur lui : non seulement il avait vécu de longs mois auprès de celui d’Aubemorte, mais en plus, lui, il avait touché ses pierres à bras le corps sans avoir été maudit comme l’avaient été tous les autres.


Pas fan de cette phrase. La fin notamment ("sans avoir été maudit comme l'avaient été tous les autres"), je pense que cela pourrait être formulé plus subtilement ; parce que maudit, ça veut tout et rien dire !
Et puis il y a un peu un côté "Ahaha, attention au twist !" qui est fait au lecteur mais qui marche assez peu puisque ledit lecteur (moi, donc ; c'est assez égocentrique du coup comme commentaire) n'en a pas grand chose à faire puisqu'il ne sait rien de ces gens, de cette malédiction ou de pourquoi l'elfe noir est là en premier lieu.


Voila, j'espère que ces deux-trois commentaires te seront utiles, quand bien même ils arrivent avec un paquet de mois de retards !

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il y a 1 an 2 semaines #21595 par Zarathoustra
Réponse de Zarathoustra sur le sujet L'elfe noir
Merci pour ta réponse. ça fait un bout de temps que je voulais te faire un retour.
Elle met très bien en lumière que j'ai échoué sur le background. J'avais pour idée que ce soit light et à peu près intégré, mais visiblement c'est non.

A échelle plus réduite, il y a plusieurs tournures qui m'ont chiffonné, et une vague tendance à faire des phrases un peu longuettes.

Tu n'es pas le premier à me faire ce reproche ces derniers temps. Et en même temps; j'en ai un peu marre des phrases courtes et de la logique de scinder en deux. Je lis des auteurs actuellement qui sont bien pire que moi. Je ne dis pas que ça ne pose pas de problèmes, mais j'aime le sentiment de plonger dans une phrases sans savoir forcément à l'avance où elle va me conduire. J'aimerais être capable de le faire et commencer à bousculer le confort d'écrire des phrases courtes.

Varier également les media par lesquels s'opère ce récit "meta" : on n'a pour l'instant eu que des voix internes de personnages, mais des discussions entre membres de la délégation, des gens croisés au fur et à mesure du voyage, etc., permettraient sans doute d'alléger le procédé. Et en parallèle de ça, mettre plus l'accent sur ce premier niveau d'histoire, et cette délégation ; à l'heure actuelle, on ne sait pas trop où elle va, la notion de temps est diffuse, etc..

L'idée est de lancer un récit en partant un peu du milieu, puis de l'organiser peu à peu avec des flash-backs. Et également de'écrire un récit qui ferait écho à d'autres récits où chacun serait autonome mais où l'ensemble formerait un tout, en donnant des complément aux histoires pour qui les aurait lues.

Je pense que la plupart de tes remarques sont pertinentes et je tacherai de m'en rappeler si je reviens sur ce texte.

En l'état, je pense que ce projet est un peu mort. Je suis en fait toujours dans la phase de finalisation des 3 Noms d'Alarielle que je n'arrête pas de relire pou chasser toutes les fautes et coquilles. Et je n'arrête pas d'en retrouver à chaque fois. Sans parler des répétitions... J'ai l'impression de ne pas voir la fin...

En tout cas, ça fait plaisir de voir qu'on ne nous oublie pas.

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Modérateurs: SanKundïnZarathoustra
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