file Rêve d'Ether (le) - Partie 4: Préambule

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il y a 9 ans 2 mois - il y a 9 ans 2 mois #18764 par Zarathoustra
Rêve d'Ether (le) - Partie 4: Préambule a été créé par Zarathoustra
** Ce sujet traite du contenu de l'article: Rêve d'Ether (le) - Partie 4: Préambule **

Je pense que c'est le rituel du préambule commence ici à faire son effet. Si les précédents pouvaient donner l'impression d'être lointain et anecdotique, celui-ci devrait commencer à dégager un semblant de suspense et même rendre le rire plus angoissant. Accessoirement, les protagonistes, à mon sens, gagnent ici leurs galons de vrais personnages.
Bref, pour me part, même si ce ne fait pas partie des textes très ambitieux,j'ai l'impression d'avoir trouver un ton juste.
A vous de me dire si ça fonctionne (accessoirement, si vous avez des choses à dire sur les précédents prémabules, profiez-en aussi...).

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il y a 9 ans 1 mois #18769 par Mr. Petch
Réponse de Mr. Petch sur le sujet Re:Rêve d'Ether (le) - Partie 4: Préambule
J'ai profité de ton post pour relire les quatre préambules à la suite, voire l'effet qu'ils peuvent produire en tant qu'entité à part entière du récit. cela me semblait faisable dans la mesure où, tu me diras si je me trompe, mais si l'ensemble des autres chapitres sont fortement entremêlés, les préambules peuvent se lire comme une histoire à part entière.

D'abord une impression d'ensemble : j'ai lu les préambules comme les parties "comiques" du récit, celles qui ressemblent le plus à une narration de type Pratchett, avec beaucoup de dialogues, souvent piquant, et un narrateur ironique. Et dans ce sens, l'irruption des bugnes dans le monde de Jourzancyen est l'irruption de la comédie dans un monde sérieux, voire dramatique. C'est un côté que j'ai beaucoup aimé dans ton récit que cette irruption calculée parce qu'elle permet de prendre du recul par rapport aux évènements d'Ether, parfois laborieux ou difficiles à suivre dans leur ensemble. Les bugnes, et les préambules, nous rappellent que, dans le fond, tout cela n'est qu'un rêve et humour.

Et de ce point de vue là, ce qui est le plus réussi dans ces préambules, se sont certainement les dialogues, très dynamiques et au ton suffisamment homogènes pour être crédibles.

Préambule 1 :

Je me souviens que me première lecture m'avait plutôt enthousiasmé, m'avait donné envie de continuer la lecture : il y a quelque chose d'assez immersif dans ce premier préambule. En revanche, je remarque aussi un élément qui, à la seconde lecture, me surprend, c'est cette phrase :

Ils passent leur temps à les contempler soutenir des planètes ou des étoiles. Ils les voient, immobiles comme la pierre, rêver du monde qui nous intéresse, le nôtre, je veux parler de celui de Jourzancyen.


L'intervention du narrateur ("le nôtre") donne l'impression qu'il parle depuis l'intérieur de Jourzancyen. Or, c'est une piste que, sauf erreur de ma part, tu ne réexploites pas vraiment par la suite, le narrateur devenant relativement impersonnel, et la question de savoir d'où il parle ne revient pas vraiment. Est-ce une idée que tu as abandonné en route ?

Je me souviens aussi qu'il y a quelque chose qui m'a perturbé, et qui a continué de me perturber de prémbule en préambule, c'est la similitude phonétique entre "Gardien" et "Géants". On est dans une histoire de mondes imbriqués, donc une construction assez complexe, et je passais mon temps à confondre les Géants et les Gardiens, surtout que je devais reprendre ma lecture après une longue interruption. Rien de grave, mais c'est une remarque de lecteur au passage...

Préambule 2 :

Comme on est déjà entré dans l'histoire, le préambule 2 est moins laborieux que le préambule 1. Il y a plus de dialogues, moins d'explications un peu longuettes sur l'univers, et je l'ai trouvé bien plus efficaces que le premier préambule, qui contient des longueurs certes nécessaires. On se sent vraiment dans du théâtre, les interventions du narrateur sont réduites au minimum et c'est bon, c'est mieux, c'est clairement mieux. ça aide aussi à mieux distinguer les préambules du reste des chapitres, à la fois par leur aspect comique, et par leur théâtralité.

Préambule 3 :
Retour sur une préambule bavard est... force est de constater que j'ai un peu moins accroché. En revanche, ce préambule permet de nouer un meilleur lien avec l'intrigue des chapitres, et les derniers paragraphes sont plutôt captivant, ils sont les premiers à introduire un réel enjeu autre que comique dans les préambules. L'idée des Gardiens déchus joue ici son rôle, ainsi que le lien apprenti <> gardien que l'on comprend ici mieux que dans le premier préambule. Mais malgré tout je continue de trouver que ce préambule est moins directement efficace que le précédent, plus explicatif.

Préambule 4 :

Compte tenu de mes remarques précédentes sur l'équilibre dialogues/narration, je trouve que le 4 est le plus réussi : il y a la fois des dialogues drôles et efficaces et des textes moins explicatifs, plus directs.

**

Deux remarques plus générales maintenant :

1. Mon expérience de lecture continue des préambules m'a permis de découvrir une partie de l'intrigue que j'avais éludé. Cela signifie en creux que, en réalité, autant les diverses intrigues de Jourzancyen avaient bien retenu mon attention lors de la première lecture, autant l'intrigue générale des Gardiens m'avait complètement échappé, notamment dans ses subtilités les plus pertinentes (la relation Gardien/apprenti est plutôt bien gérée, par les dialogues). Je ne dis pas que c'est bien ou pas bien, c'est une simple remarque de lecteur... La faute en était sûrement à la quantité de données à comprendre entre chaque préambules : les intrigues internes sont déjà suffisamment complexes, donc les préambules, qui ne leur sont liés que de loin, passent un peu la trappe. J'avais lu les préambules dans la continuité du texte comme des introductions mi-burlesques mi-ironiques, et les deux premiers préambules jouent très bien ce rôle. Je n'avais pas réussi à saisir l'enjeu dramatique des préambules. C'est à la fois un plaisir et une frustration de le découvrir après coup.

2. Ce qui me renvoie à ma seconde remarque peut-être plus négative. Mis à part le premier, et peut-être le quatrième, je n'ai pas vraiment réussi, au cours de ma lecture, à intégrer les préambules au reste du texte. Je trouve qu'ils demeurent très (trop ?) éloignés, mis à part l'imbrication architecturale des couches d'univers, on a du mal à faire réellement le lien entre Jourzancyen et le monde des Gardiens et des Géants, ou du moins à sentir que l'un peut agir sur l'autre (et ce n'est pas l'action des bugnes qui infirme cette idée !!!). A jouer sur les ressorts comiques, tu as peut-être pris le risque de trop isoler les préambules du reste du texte, et en même temps je continue à penser qu'ils aèrent le reste de la lecture. Peut-être aurait-il fallu trouver des petits trucs pour mieux articuler préambule et texte : il y a bien ici l'allusion à la couleur des monolithes, mais ça reste limité. Peut-être faire en sorte que les Gardiens "rejouent" des scènes du monde de Jourzancyen ? Même si j'imagine que l'irruption d'un Gardien dans Jourzancyen peut changer la donne, mais que cela arrive à la quatrième partie est un peu tardif...

C'est un problème général que j'ai avec Rêve d'Ether (qui est par ailleurs une lectrue fort agréable, bien écrit et surtout inventive, avec un petit plaisir nostalgique d'ancien du Warfo à retrouver un monde proche de Warhammer...) : les parties se distinguent assez mal les unes des autres, il manque une unité qui permettrait de dire "la partie parle de tel sujet", "la partie 2 de tel autre". J'ai l'impression (mais tu diras si je me trompe) que le découpage en partie obéit à une logique purement chronologique, mais pas forcément narrative, et ça manque. ça donnerait un meilleur rythme à un texte long. Je ne sais pas si tu travailles avec un plan préétabli et quelle est la logique du découpage des parties (la logique des chapitres, elle, va bien de soi, puisqu'on change de focalisation et de personnages à chaque fois), mais ça m'intéresserait de savoir comment tu as appréhendé cette question.

Mr Petch

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il y a 9 ans 1 mois - il y a 9 ans 1 mois #18778 par Zarathoustra
Réponse de Zarathoustra sur le sujet Re:Rêve d'Ether (le) - Partie 4: Préambule

 L'intervention du narrateur ("le nôtre") donne l'impression qu'il parle depuis l'intérieur de Jourzancyen. Or, c'est une piste que, sauf erreur de ma part, tu ne réexploites pas vraiment par la suite, le narrateur devenant relativement impersonnel, et la question de savoir d'où il parle ne revient pas vraiment. Est-ce une idée que tu as abandonné en route ?

Oui, c’est juste. Cela vient d’une idée que j’avais au début que de faire de mon monde quelque chose qui aurait pu servir à tout le monde sur les Chroniques et où chaque membre aurait pu devenir un personnage. Ce n’a pas abouti. Ce projet traine depuis si longtemps dans ma tête (il y a même eu un début de texte dans le wafo) qu’il a évolué pas mal en route.
Mais l’idée du nous, c’était aussi d’associer le lecteur, donc de parler d’un monde fictif dur des géants qui rêvent de monde, comme si le nôtre (celui dans lequel toi et moi vivons) pouvait être également l’un des rêves d’un géant. Dans la mesure où il peut y avoir plusieurs géants, qui auraient eux-mêmes plusieurs rêves, il y a de la place pour tout le monde !!!

Pour la confusion Géants et Gardiens, je crois que tu n’as pas été le seul. Je sais que la présentation du monde est un peu ardue. Mais je le voyais plus comme un cadre poétique que comme quelque chose a vraiment comprendre. Je voyais plus justement le prologue « explicatif » comme une sorte de rêverie qui n’en aurait pas le nom. En soi, j’aime bien ce que j’ai réussi à créer au tout début, au niveau du ton notamment, mais je ne le réexploite quasiment jamais. J’ai essayé de le retrouver (un peu) uniquement quand les personnages sont confrontés aux monolithes.

Ta vision des préambules me paraient très juste. Tu as vu et senti ce qu’il y avait à voir ou sentir. Et je suis d’accord avec l’échelle de valeur que tu as mise entre les quatre
Pour ce qui est des prologues, je suis parti dessus sans avoir une idée précise, mais je voulais donner vie à l’enchevêtrement du monde d’Ether. Je voulais aussi qu’ils créent une certaine distance avec l’histoire, comme un rappel que ce qu’on lit pouvait effectivement n’être qu’un rêve.

 J'avais lu les préambules dans la continuité du texte comme des introductions mi-burlesques mi-ironiques, et les deux premiers préambules jouent très bien ce rôle. Je n'avais pas réussi à saisir l'enjeu dramatique des préambules. C'est à la fois un plaisir et une frustration de le découvrir après coup.
Oui, ils abordent de manière comique ou loufoque quelque chose de plus en plus tragique. A partir du préambule 3, je voulais que ce soit sensible. Sur le 4, je pense que c’est encore plus net. L’idée, c’est de montrer que ce qui se passe dans le rêve aurait des répercussions ailleurs, comme si le rêve pouvait à son tour influer la réalité.

J’ai écrit le préambule suivant et je sais en gros ce que va contenir le 6eme. Pour ma part, j’ai beaucoup de sympathie pour le gardien et l’apprenti (qui est donc devenu gardien). Je trouve qu’ils ont quelque chose de très touchant dans leur fonction même, quelque chose de très mélancolique finalement. Cela doit transparaitre dans le préambule 4, mais ce sera encore plus net dans le suivant.

Et j’aime tout particulièrement mélangé l’humour et le doux/amer, j’aimerais qu’on sente que le rire contient quelque chose de dramatique. Que tu n’aies pas perçu cette dimension dans les premières interventions est normal et je dirais presque voulu. C’est une sorte de surprise que je voulais faire. Quand je dis « au secours », on croit que c’est pour de faux alors que non. Et que le lecteur que tu es ait pu se sentir frustrer de ne pas avoir pris au sérieux l’avertissement est tout à fait ce que je cherchais à faire.

Bref, je les vois comme des bulles d’oxygène à mon récit. Mais ils sont là aussi pour montrer qu’il y a comme une fatalité à l’histoire.

 Je trouve qu'ils demeurent très (trop ?) éloignés, mis à part l'imbrication architecturale des couches d'univers, on a du mal à faire réellement le lien entre Jourzancyen et le monde des Gardiens et des Géants, ou du moins à sentir que l'un peut agir sur l'autre (et ce n'est pas l'action des bugnes qui infirme cette idée !!!).

C’est une chose que j’avais noté de faire et tu as raison. Sous le 2eme, j’ai écrit en gras : mieux préciser la fonction du géant. Et pour les bugnes, c’est un point que je voulais corriger. Tout ce qui les concerne est en fait un quasi copier de Rencontre du 3eme type (dans lequel les bugnes sont des snotlings…). Donc une vieille histoire dans laquelle je savais que Grienlyce était la lieutenante qui se trouvait dans les 3 Noms d’Allariel et que mon elfine du journal finissait parmi les humains.
Seulement, j’avais écrit tout ça un peu pour me moquer de mon personnage très tourmenté. D’ailleurs quand je l’y faisais intervenir, elle l’était sous les traits très caricaturaux, colériques, comme si l’image qui se reflétait dans le journal était biaisé par sa subjectivité… Bon, mais c’était pas profond, juste moi qui m’amusait avec mon personnage.

Bref, la partie des bugnes mériteraient d’être retravaillé pour renforcer le lien avec l’histoire des géants et leur rôle. Donc c’est pertinent et j’en suis conscient. J’ai juste fait au plus simple pour moi de reprendre à bon compte cet ancien récit sans le réécrire vraiment.

 les parties se distinguent assez mal les unes des autres, il manque une unité qui permettrait de dire "la partie parle de tel sujet", "la partie 2 de tel autre". J'ai l'impression (mais tu diras si je me trompe) que le découpage en partie obéit à une logique purement chronologique, mais pas forcément narrative, et ça manque. ça donnerait un meilleur rythme à un texte long.

En fait, j’ai réorganisé mon texte en lançant les intrigues progressivement. La aprtie 1 est celle des bugnes et des Rayonnants (et de de Kaerion). La partie 2 est celle de Petit Louis et d’Aynariel (avec les développements sur les bugnes et les elfes, c’est un peu la partie « Eldred ». La Partrie 3 : c’est celle des yhlaks du Chant des Pierres (que je n’ai pas réinsérer dans le Rêve d’Ether mais qui en font totalement partie), avec toujours la poursuite des autres intrigues. Si bien que les 3 premières partie ont tout 3 ou 4 chapitres qui abordent une même histoire et permette de mieux s’y immerger. Et quand survient les autres histoires, je me dis que le lecteur a du coup un peu mieux en tête qui est qui.

Pour ce qui est de la chronologie, oui, c’est une peu une obligation car toutes ces histoires convergent parfois vers l’une ou l’autre et qu’elles se télescopent. Donc quand deux histoires fusionnent, il faut que l’avancement de l’une et de l’autre soient synchro.

 Je ne sais pas si tu travailles avec un plan préétabli et quelle est la logique du découpage des parties (la logique des chapitres, elle, va bien de soi, puisqu'on change de focalisation et de personnages à chaque fois), mais ça m'intéresserait de savoir comment tu as appréhendé cette question.

Au départ, j’étais partie avec la séquence que vous lisez. Et le titre n’était pas Rêve d’Ether mais la Tempête d’Ether (voire le Rêve de la Tempête d’Ether, qui est un très mauvais nom). Partie 1 : les signes de la tempête. Partie2 : Le Cercle Extérieur de la Tempête ; Partie 3 : L’Epicentre etc.

 Je ne sais pas si tu travailles avec un plan préétabli et quelle est la logique du découpage des parties (la logique des chapitres, elle, va bien de soi, puisqu'on change de focalisation et de personnages à chaque fois), mais ça m'intéresserait de savoir comment tu as appréhendé cette question.


Oui, il y a un plan. J’ai 7 parties avec 43 chapitres (ceux du Chant des Pierres Inclus). :oops: J’attaque les chapitres 34/35 et 37. Comme je bloquais sur l’un deux (ou que j’étais trop tenté de réécrire certains), je me suis lancé sur d’autres chapitres ultérieurs (dont l’intrigue n’est parfois pas assez cadrée dans ma tête, ce qui m’aidera à mieux sentir le chapitre qui me bloque). C’est la première fois que je n’écris pas chronologiquement. Même si ces 3 chapitres sont autonome dans la mesure où les perso sont distincts, il s’y passe des choses qui touchent les autres. Et surtout, j’ai un trou narratif que je devrais combler.

Au final, je me rends bien compte que mon machin est trop gros pour ce que j’en fais. Je pense que mon début est trop lent. La partie 4 et surtout la 5 fonctionnent bien mieux dans la mesure où tout s’imbrique de manière plus nette, donc je sens que les 2 ou 3 premières ont un côté « introduction qui n’en finit pas », surtout tel que je vous ai présenté mon histoire….
Ce qui est terrible, c'est tout ce que je veux déjà reprendre... Donc une fois terminé, si j'y arrive, il me faudra quasiment tout retravailler...

Un grand merci à toi pour t'être prêté à l'exercice. Ton retour m'éclaire particulièrement.

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il y a 9 ans 1 mois #18787 par Mr. Petch
Réponse de Mr. Petch sur le sujet Re:Rêve d'Ether (le) - Partie 4: Préambule

J’ai essayé de le retrouver (un peu) uniquement quand les personnages sont confrontés aux monolithes.


ça aussi c'est un souci du texte : j'ai beaucoup de mal à faire le lien entre les monolithes et les personnages (mis à part Berenis, peut-être). La relation entre les deux restent très floue, les monolithes ne sont qu'un arrière-plan dont on a la sensation qu'ils sont importants, mais sans savoir pourquoi, et c'est un peu frustrant que ce sentiment soit toujours le même à la quatrième partie...

Je me demande s'il n'y aurait pas une façon, dans les préambules, de mieux identifier les monolithes ; cela pourrait être une façon de rattacher les deux univers tout en donnant une consistance de personnages aux monolithes. Par exemple, les monolithes pourraient apparaître dans les visions des Gardiens... Je me dis que comme ça il y aurait une répartition des rôles entre préambules et texte : le préambule donnerait des pistes sur les aspects du texte qui semblent les plus flous. Une façon de dire que, à l'échelle microscopique des personnages de Jourzancyen, les monolithes ne sont qu'un décor, mais qu'à l'échelle macroscopique des Géants et des Gardiens, ils sont essentiels. (je ne sais pas si c'est clair, et surtout comme je n'ai pas lu tout ce que tu as écrit, je me trompe peut-être)

Je trouve qu’ils ont quelque chose de très touchant dans leur fonction même, quelque chose de très mélancolique finalement. Cela doit transparaitre dans le préambule 4, mais ce sera encore plus net dans le suivant.

Et j’aime tout particulièrement mélangé l’humour et le doux/amer, j’aimerais qu’on sente que le rire contient quelque chose de dramatique. Que tu n’aies pas perçu cette dimension dans les premières interventions est normal et je dirais presque voulu. C’est une sorte de surprise que je voulais faire.


Ce que j'ai trouvé de très réussi dans ces prologues, c'est la façon dont un dialogue qui aurait été un dialogue comique dans les premiers prologues prend une tonalité mélancolique dans les suivants. Et j'ai l'impression que c'est le fait du narrateur. Quand tu écris tes prologues, j'ai la sensation que le narrateur à un style beaucoup plus parlé, comme s'il copiait le ton des personnages, or, il y a un moment où ce style parlé, qui jusque là nourrissait surtout le comique, donne un côté vraiment touchant. Pas triste, mais touchant. Je crois que c'est à peu près à ce paragraphe que je me suis fait la réflexion :

Il n’avait pas envie de rouvrir les yeux. Et le contact et la secousse de son épaule ne servaient à rien. Il voulait voir la lumière dans la nuit, car cette nuit qui l’entourait dans on immensité devenait curieuse, elle devenait toute jaune, comme si elle n’était plus nuit mais matière. Un jaune transparent comme un filtre sur toute chose. Quelques éclairs traversèrent la nuit jaune, mais plus que des éclairs, ils étaient des béances sur un nouveau monde. On n’arrêtait pas de le secouer et, pourtant, il avait l’impression d’être immobile, serein et transpercé par ces éclairs. Et, enfin, la nuit fut lumière. La nuit fut transparence. La nuit fut rêve, mais un rêve d’un autre qui lui parlait une langue qu’il ignorait mais que tout en lui aspirait à écouter.
- Petit, je sais que tu as réussi ! Mais je t’en supplie, tu dois rouvrir les yeux. Tu dois venir m’aider. Je suis le Gardien ! Enfin… l’ancien Gardien…

Cette voix l’importunait, elle l’empêchait d’être pleinement en harmonie avec le Géant. Sans savoir pourquoi, il attendait qu’il parle, car il sentait que c’était imminent, que ce serait le lien suprême avec lui. Il ressentit comme un souffle sur tout son corps, comme un grondement souterrain, mais surtout il s’entendit parler lui-même d’une voix qu’il ne se connaissait pas.


Curieusement, dans ce paragraphe, certaines tournures "simplistes" qui correspondent bien au style parlé des préambules deviennent véritablement poétique "cette nuit qui l'entourait dans son immensité devenait curieuse, elle devenait toute jaune" ou encore "Et, enfin, la nuit fut lumière. La nuit fut transparence. La nuit fut rêve, mais un rêve d’un autre qui lui parlait une langue qu’il ignorait mais que tout en lui aspirait à écouter."

En un sens, j'admire la façon dont tu arrives à écrire à la fois simplement et poétiquement, là où je dois toujours aller dans l'alambiqué quand je veux faire poétique.

Bref, la partie des bugnes mériteraient d’être retravaillé pour renforcer le lien avec l’histoire des géants et leur rôle.


Ce n'est pas forcément ce que je voulais dire : la partie des bugnes remplit très bien son rôle : elle transpose le second degré des préambules dans l'univers très premier degré de Jourzancyen. Un peu comme si l'irruption des bugnes déformait la narration et le style des passages du récit dans lesquels ils interviennent. Du coup, c'est une vraie force, un vrai lien entre préambules et texte.

Au final, je me rends bien compte que mon machin est trop gros pour ce que j’en fais. Je pense que mon début est trop lent. La partie 4 et surtout la 5 fonctionnent bien mieux dans la mesure où tout s’imbrique de manière plus nette, donc je sens que les 2 ou 3 premières ont un côté « introduction qui n’en finit pas », surtout tel que je vous ai présenté mon histoire….
Ce qui est terrible, c'est tout ce que je veux déjà reprendre... Donc une fois terminé, si j'y arrive, il me faudra quasiment tout retravailler...


C'est aussi ce qui fait l'intérêt des Chroniques : il y a la frustration de constater que son texte ne fonctionne pas, mais en même temps le plaisir de se dire qu'on comprend pourquoi il ne fonctionne pas grâce aux commentaires des autres, et l'espoir de se dire qu'on fera mieux au prochain texte...

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