file Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché

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il y a 8 ans 11 mois - il y a 8 ans 11 mois #18860 par Zarathoustra
Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché a été créé par Zarathoustra
** Ce sujet traite du contenu de l'article: Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché **

Ce chapitre contient des morceaux dont l'origine sont très variés. Il y a des passages dont la source date de très longtemps (9 ou 10 ans certainement, mais qui ont été quand même repris depuis) et il contient l'un des derniers passages que j'ai écrit (la première scène).
A dire vrai, c'est même un chapitre que j'avais laissé de côté depuis longtemps en écrivant 5 ou 6 de ceux qui lui succédaient et c'est l'avancée de ma publication des chapitres ici qui m'a poussé à le reprendre que récemment. Pourquoi? Parce que c'est l'un des chapitres où je savais très précisément où il me conduisait et qui, du coup, me donnait aucune excitation à l'écrire. Et l'étincelle a été cette fameuse première scène.

J'espère avoir réussi à donner une direction beaucoup plus ramassé et clair au récit. Pourtant, je pense que c'est le chapitre où je convoque le plus de personnage. J'espère aussi qu'on sent les nœuds de l'intrigue se serrer (Petit Louis, Aurélia, les Vuldoniens) et que, même si elle semble prendre sont temps, elle commence à avancer bien plus nettement.

Enfin, c'est un chapitre qui continue de creuser le personnage d'Aurélia. Et qui remet en scelle un autre personnage que j'avais délaissé et qui m'est pourtant sympathique: Milfred, l'humain qui avait voulu violer l'elfe et qui le paye depuis si lourdement...

Rétroactivement, je me dis que c'est le genre de chapitre qui aurait dû arriver bien plus tôt pour que le lecteur soit moins perdu...

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il y a 8 ans 11 mois - il y a 8 ans 11 mois #18862 par Imperator
Réponse de Imperator sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché

Rétroactivement, je me dis que c'est le genre de chapitre qui aurait dû arriver bien plus tôt pour que le lecteur soit moins perdu...

Euh... oui, carrément :laugh: .

Ce doit être la première fois depuis que je lis un passage des rêves d'ether que j'ai la vague impression d'enfin comprendre quelque chose (aussi infime que soit ce quelque chose) à toute cette histoire.

J'ai décidé de ne pas m'arrêter aux fautes d'orthographe ou de grammaire (il y en a). Je me contente de préciser que parfois, tu te reposes trop sur le "comme", notamment à cause d'une double répétition dudit "comme" qui, si elle forme un effet de style sur le moment, a tendance à mettre trop en évidence tous les "comme" qui suivent... (la répétition attire l'attention du lecteur).

***

J'ai eu la sensation de deux styles totalement différents écrits par la même personne.
La première partie est entièrement faite de métaphores, d'analogies, de sensations, d'émotions et d'une minuscule partie d'action (dans les faits, tout ce qui se passe c'est qu'Aurélia déplace l'elfine chez sa nourisse).

Le second passage est l'exact inverse. Il y a principalement de l'action (des trucs se passent, d'autres trucs se passent, on a l'impression que ça avance!), et peu d'émotion/sensation (même si petit Louis a tendance à nuancer mon propos, parce qu'il permet de faire la comparaison entre ceux qui l'entourent avec des animaux, ouvrant un nouveau champ lexical de description).

Il n'y en a pas un qui est meilleur que l'autre à mes yeux.
Le premier passage m'a fait penser à la longue discussion que vous avez eu sur le "beau style" et franchement, je n'ai pas eu de problème avec toutes les formules et effets que tu as employé. Maintenant, si on le compare avec Petch ou Vuld, il y a effectivement une certaine gratuité (que je ressens uniquement, je n'ai pas analysé), mais encore une fois, ce n'est pas tant un problème parce qu'au final, cette abondance de description permet de créer l'atmosphère surréelle propre à exprimer les émotions que tu veux faire passer (je suppose que je n'ai pas besoin d'aller ressortir la cohérence des différents termes employés pour le prouver).

Le second passage, en revanche, a satisfait mon intérêt pour les intrigues, même si les prêtres de Vuldone passent vraiment pour une caricature du congrès américain...

Clairement, j'aurais souhaité avoir des passages comme le premier dès le début de la saga (parce que beaucoup de personnages nous ont été présentés aux travers des circonstances et de descriptions factuelles, mais sans prendre autant de temps à planter le personnage dans ses émotions les plus intimes).
Même si je n'aime pas particulièrement Aurélia (si faible...), au moins je comprends mieux le personnage (trop jeune). De même, je me prends d'une soudaine affection pour petit Louis (parce qu'en tant que lecteur, je me sens comme lui, embarqué dans une histoire dont je ne comprends pas grand chose avec plein de personnages que je ne reconnais pas toujours) que je ne me souviens pas avoir eu lorsqu'il a touché le monolithe ou rejoins les soldats. Peut-être parce que le contraste est plus saisissant ici. (entre lui et le reste du monde).

***

Parce que c'est l'un des chapitres où je savais très précisément où il me conduisait et qui, du coup, me donnait aucune excitation à l'écrire.

Tiens, on partage ce trait là.
Habituellement, pour écrire, je veux:
- une idée claire et précise de ce que je vais dire
- une figure de style à développer

Milfred

Il reste très secondaire dans le récit à ce point. Je ne sais même plus ce qu'il advient de lui à la fin (il reste avec les prêtres je crois...).

Impe.

ps: si tu as des questions plus précises, n'hésites pas.

ps 2: ah oui, chapitre 19... hum... oups.

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il y a 8 ans 11 mois - il y a 8 ans 11 mois #18863 par Vuld Edone
Réponse de Vuld Edone sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché
Les autres chapitres attendront. Ce chapitre 20 est alléchant de réputation.

Cela dit, première phrase d'entrée :

Dans l’obscurité totale de sa chambre, Aurélia laissa s’échapper un long soupir sans raison, un peu comme (...)

On avait eu une discussion sur "quand couper, quand développer". Ici on a un cas concret. Comparons :
(1) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, Aurelia laissa s'échapper un long soupir."
(2) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, Aurelia laissa s'échapper un long soupir sans raison."
Je veux m'intéresser au "sans raison", qui m'a semblé de trop. En le retirant, je me rends compte que, pour moi, le soupir perd en intérêt (il n'exprime rien de précis) et du coup l'ambiance créée par la chambre, d'enfermement, se perd. Mais en ne gardant que lui, je me rends compte que, pour moi, la phrase n'est pas satisfaisante, qu'elle est comme incomplète.
J'ai alors fait un dernier test :
(3) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, Aurelia laissa s'échapper un long soupir pareil à celui des fleurs qu'on ramasse."
Et c'est là que la prise de tête commence.

Dans un sens, il faut justifier le soupir, le rendre intéressant. Dans un autre, il faut maintenir l'unité de la phrase, soit une idée unique (l'enfermement, l'écrasement, etc...)
Ce n'est pas que tu essaies de dire trop de choses, c'est qu'en une phrase tu vises trop d'idées.
(4) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, Aurelia laissa s'échapper un long soupir sans force."
Force, Aurelia, obscurité, c'est bon, le lecteur a pu relier les points et se faire une idée générale. Raison, Aurelia, obscurité, il faut un saut acrobatique pour trouver le lien.
Pour le dire autrement, l'obscurité totale de la chambre évoque déjà une raison en soi de soupirer. On ne s'enferme pas ainsi sans raison. Oui, elle ne sait pas bien ce qui la fait soupirer, mais c'est un tout autre sujet que l'obscurité ne traite pas (à part en terme d'aveuglement, mais c'est chercher loin).

C'est là autrefois où on parlait de "transition". Passer de l'idée d'isolement, d'obscurité, à celui de raison, de doute... Le passage est trop brusque. On peut tenter :
(5) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, en proie au doute, Aurelia laissa s'échapper un long soupir sans raison."
(6) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, en proie au doute, Aurelia laissa s'échapper un long soupir dépourvu de raison."
À noter qu'ici "raison" prend doucement un autre sens, de celui de cause à celui de sagesse.
Donc le plus simple est encore de lever toute ambiguïté, en développant encore :
(7) "Dans l'obscurité totale de sa chambre, Aurelia laissa s'échapper un long soupir dont elle ne devinait pas la cause, pareille aux roses qu'on détache de leurs tiges."
Et vi' à la fin je joue avec les sons, et je trahis l'idée mais l'unité de la phrase est respectée, ou tout du moins on a une transition "écrasement > fragilité".

Bref.

C'est le genre de développement que, si j'avais continué ma lecture, je n'aurais pas pu faire, vu qu'il m'a fallu sept exemples pour illustrer une phrase... dans un commentaire général du chapitre, c'est impossible.
Mais je voulais sauter sur cette occasion pour montrer la complexité d'un développement, quand rajouter (ici soupir seul ne suffit pas), quand couper (sans raison parasite la phrase) et quand en rajouter quand même encore.

Parce que si on veut s'en tenir à la seule information "utile", on peut se contenter de dire :
(8 ) "Aurelia soupira."
Mais on passe peut-être à côté de quelque chose.

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il y a 8 ans 11 mois - il y a 8 ans 11 mois #18864 par Zarathoustra
Réponse de Zarathoustra sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché

Ce chapitre 20 est alléchant de réputation.

C'est que je l'ai survendu, alors... Je ne pense que ça soit le chapitre auquel je suis le plus attaché. Pourtant, je sais que c'est effectivement le chapitre que devait attendre les lecteurs (et encore, pas sûr).

Bon, je ne pensais pas voir débouler un tel blocage sur cette première phrase, qui appelle effectivement réflexion (l'idée de la fleure qu'on ramasse ne veut finalement rien dire, c'est un effet "beau style" mauvais). Voici ce que je te suggère à la place :

Dans l’obscurité totale de sa chambre, Aurélia soupira sans raison. Et son souffle se suspendit dans l’air chaud de la pièce comme le pétale d’une fleur fanée.

Mais je passe d'une phrase à deux, pas sûr que cela mérite deux phrases (et du coup, je trouve que ça ne fait pas "debut d'histoire"). Mais la comparaison n'est plus aussi gratuite. La fleur (ou le pétale) annonçait le monde féméinin (et la pièce dans le noir a pour moi quelque chose d'utérin).

Parce que si on veut s'en tenir à la seule information "utile", on peut se contenter de dire :
(8 ) "Aurelia soupira."
Mais on passe peut-être à côté de quelque chose.

Oui, il y a ce ontexte nocturne qui est repris pour la suite. Je le voit comme une sorte d'enveloppement qui empêche de voir. "sans raison", parce que:
1- Effectivement, c'est lui qui crée un focus sur Aurélia. Et que ça appelle justement une raison.
2- Parce que la raison est effectivement pour l'instant caché par l'obscurité.
Ce qui suit est un texte sur des sensations, le monde des sens et des pensées. La nuit permet cet introspection. Et le texte apporte peu à peu sa lumière, un peu à la manière des yeux qui peu à peu s'habituent à l'obscurité.

Je suis surpris d’autant plus que c’est la seconde phrase qui me paraissait poser le plus de problème et qui ne me satisfaisait pas :

Pourtant c’était non pas le sien mais un tout autre souffle à ses côtés, court, régulier et profond qui emplissait toute la pièce et toutes ses pensées, car il dissimulait une longue et lente lutte silencieuse dont elle se sentait exclue.

Avant que ça coince aussi, je te propose ça:

Pourtant, ce n’était pas le sien qui emplissait cette pièce mais un tout autre souffle, court, régulier et profond à en déborder sur chacune de ses pensées, car derrière lui se cachait une longue et lente lutte silencieuse. Elle avait voulu accompagner ce souffle pour qu’il en sorte vainqueur. Seulement, quoi qu’elle fît, elle se retrouvait toujours aussi impuissante et exclue.

Note que cette analyse est plus insconsciente et rétroactive que vraiment déliberée de ma part. Mais c'est vraiment comme ça que je sens cette scène: douceur féminine,isolement utérin, trouble des émotions (soupir et l'incertitude du pétale dans l'air), menace diffuse, sensation d'étouffement qui pousse à chercher un refuge dans un monde invisible (comme le nouveau né qui sort du ventre de sa mère).


Je reviendrais plus tard sur le commentaire d’imperator.

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il y a 8 ans 11 mois - il y a 8 ans 11 mois #18865 par Zarathoustra
Réponse de Zarathoustra sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché
Au Tour d'imperator: encore merci pour ton assiduité à lire une histoire où il te manque tant de morceaux. Eventuellement il y a un résumé de disponible sur une partie de l'intrigue.

J'ai eu la sensation de deux styles totalement différents écrits par la même personne.

Personnellement, j’aimerais un jour écrire une histoire entièrement comme la première scène. Elle intéresserait certainement pas grand monde, mais pour moi ces scènes ont plus de sens que toutes les autres. J’ignore pourquoi d’ailleurs. Je me sens chez moi, en quelque sorte.

La seconde partie offre un plaisir plus ludique. Je m’amuse avec tous les fils de mon histoire. Je montre qu’en en tirant un bout, ça fait bouger l’autre bout. C’est une autre approche que j’aime aussi, mais je n’ai pas cette relation aussi étroite avec l’écriture, comme si en donnant vie à l’intrigue je délayais (ce qui est paradoxale, je sais). J’ai beaucoup d’imagination et je sais que je pourrais trouver des histoires compliquées et scénarisées, mais après, je sais aussi que je n’arriverais pas à les écrire. Ca a été mon écueil ici.

Le premier passage m'a fait penser à la longue discussion que vous avez eu sur le "beau style" et franchement, je n'ai pas eu de problème avec toutes les formules et effets que tu as employé.

Je ne crois pas que j’ai été trop gratuit ici. Comme tu le dis, je recherchais une atmosphère intime, un peu frissonante. Et les paragraphes qui peuvent paraître gratuits (les sensations qui la submergent quand elle sort la tête de la fenêtre) sont pour moi les plus importants.

Le second passage, en revanche, a satisfait mon intérêt pour les intrigues, même si les prêtres de Vuldone passent vraiment pour une caricature du congrès américain...

Bien vu (pourtant c’est pas volontaire)! Et encore, j’ai atténué le côté caricatural (et affreusement cliché) que j’avais dans ma version initiale.

Clairement, j'aurais souhaité avoir des passages comme le premier dès le début de la saga (parce que beaucoup de personnages nous ont été présentés aux travers des circonstances et de descriptions factuelles, mais sans prendre autant de temps à planter le personnage dans ses émotions les plus intimes).

Je crois qu’il y en a plusieurs. Et au contraire, je crois qu’il faut que je les évite au début pour accélérer l’histoire, sinon aucun lecteur n’aura envie d’aller bien loin.

Même si je n'aime pas particulièrement Aurélia (si faible...), au moins je comprends mieux le personnage (trop jeune).

Moi, je l’aime beaucoup. Elle est effectivement très inexpérimentée mais je ne la vois pas « faible ». Au contraire, elle est forte. Elle ose se dire qu’elle est peut-être attirée par les femmes et ose embrasser l’elfine (même si c’est pendant son sommeil). Elle a osé défier l’Ordre de Vuldone une première fois en délivrant les furies et une seconde fois avec Petit Louis. Il faut sacrément du cran pour le faire.

De même, je me prends d'une soudaine affection pour petit Louis

Je crois que c’est, de tous mes personnages masculins, le plus spontané et le plus facilement attachant. Je pense qu'on arrive à l comprendre (alors que j'ai fait des personnages parfois trop complexes pour qu'on s'y projette). Malheureusement, j’ai tendance à ne pas exploiter son potentiel suffisamment par la suite.

Il y a un personnage symétrique : Kaerion. Je pense que c’est un personnage spontanément antipathique. Mais à la différence d’Aurélia et de Petit Louis, c’est un personnage qui a un passé et sa propre histoire. Donc le lecteur ne l’a pas vu se créer devant lui mais découvre un personnage « achevé » qui ne lui laisse pas trop d’aspérité pour se projeter en lui. Il le découvre avec des flashbacks. Pourtant, avec le chapitre « La Cruauté des Elfes Noires », j’espérais lui donner un peu de prise pour le percer un peu à jour (et le rendre moins antipathhique).

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il y a 8 ans 11 mois #18866 par Vuld Edone
Réponse de Vuld Edone sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché
J'ai lu un chapitre d'Ether et ça faisait longtemps.

Je n'ai aussi absolument aucune idée de ce que je vais dire. Ce qui explique pourquoi je me suis arrêté sur la première phrase, "sans raison". Parce que je n'aurais pas l'occasion de le faire pour le reste.

Dans la forme... je préfère la première scène, qui cherche à dire quelque chose, là où le reste se contente de "raconter son histoire". On peut même aller jusqu'à dire que les personnages de Petit Louis et de Treillères font office de manifeste idéologique, Petit Louis voyant les personnes et non les propos, et Treillères se préoccupant du petit plutôt que de son ordre.
C'est ce que disent les vieux politiciens : faire passer les gens avant les idées.
Du coup ton texte n'est véritablement dans son sujet que quand il peut parler des personnages mêmes, et l'intrigue n'est qu'une excuse pour voir l'impact sur leurs sentiments. On pourrait parler de "tableaux de sentiments" je suppose...

Mais dans le fond je suis vuldonien, je me moque des sentiments d'une petite fille, de son mariage et d'autres doutes alors que l'avenir du monde se joue, et que les créatures vont mourir par milliers.
Si on essaie de me dire que l'avenir du monde dépend des petits caprices de douze personnes, là tu auras saisi mon intérêt, mais je risque de râler un brin.
Inversement, et c'est humain, il est normal que les personnages se soucient plus de leurs intérêts immédiats que de grandes destinées de royaumes entiers.
C'est le fait que la narration, donc le narrateur, s'intéresse bien plus aux personnages qu'à l'univers qui me pousse au contraire à m'en détourner. Si on ne me lie pas leurs états d'âme à la folie des monolithes, je n'arrive pas à m'y intéresser.

Enfin bref...

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il y a 8 ans 11 mois #18867 par Imperator
Réponse de Imperator sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché

Eventuellement il y a un résumé de disponible sur une partie de l'intrigue.

Actuellement, j'ai presque l'impression qu'on arrive doucement à la fin de l'introduction. Pourquoi? Et bien... l'histoire est celle des monolithes (en gros, savoir quel secret ils détiennent et la résolution). Hors toutes les autres parties que j'ai lu parlaient de différents personnages, mais l'intrigue principale, celle des monolithes, semblait rester sur place.

Elle est effectivement très inexpérimentée mais je ne la vois pas « faible ». Au contraire, elle est forte.

Je la vois comme faible parce que:
- elle est inexperimentée
- elle se laisse "manipuler" (au moins en apparence) par les furies (même si je me souviens que tu avais dit qu'il y avait une différence d'avec les furies que je connais).
- elle ne semble pas avoir de but qui lui soit personnel, qui vienne de sa propre initiative
- on sent qu'elle est encore totalement sous l'influence de ses hormones. Je vois presque venir le moment où quelqu'un en tirera avantage.
- elle n'a pas imposé sa volonté à qui que ce soit (elle a "convaincu" sa nourrisse, mais après bien des négociations et probablement des supplications).

Alors oui, en réalité, pour son âge, sa situation, sa position et ce à quoi elle est confrontée, cette fille est incroyablement forte. Malheureusement, en tant que lecteur, je lui projette mes propres critères d'adulte. J'irais même plus loin, je considère probablement comme "faible" tout ce qui n'est pas au moins aussi fort que l'image (totalement fausse) que j'ai de moi-même (yay, narcissisme), ce qui ne facilite vraiment pas les choses.

Elle ose se dire qu’elle est peut-être attirée par les femmes et ose embrasser l’elfine

C'est profondément à l'encontre des standards de l'époque, mais... du point de vue de la culture d'aujourd'hui, ça me paraît normal. Je n'ai pas le réflexe de remettre les choses en contexte. (maintenant comment mettre subtilement les choses en contexte... alors là...)

Elle a osé défier l’Ordre de Vuldone une première fois en délivrant les furies et une seconde fois avec Petit Louis.

Là par contre, j'aurais fait comme elle. En faite, elle passerait du statut de "faible" à "carrément une lavette" si elle n'avait pas pris Louis avec elle: ç'aurait vraiment été se laisser marcher sur les pieds (à moins d'avoir un plan en tête pour justifier le refus).
Et puis, c'est la fille du comte. Pas toute puissante, mais si quelqu'un peut s'en sortir en défiant l'ordre, c'est bien elle (et son père).

...

En fait, je ne sais pas où je me dirige avec cette réponse. On en revient à la vieille question de "comment faire pour que le lecteur accepte les personnages?".
Je n'ai pas de réponse... que des hypothèses à ce point.

encore merci pour ton assiduité à lire une histoire où il te manque tant de morceaux.

Je me disais justement qu'il serait bon, plutôt que d'avoir un résumé de toute l'histoire de temps à autre, d'avoir juste, au début du chapitre, les informations essentielles pour comprendre les événements dudit chapitre.
Ceci dit, dans ce chapitre, je crois que j'avais la majorité des informations qu'il me fallait. À part pour Milfred dont j'ai manqué "l'heure de gloire", même si je l'ai vu se morfondre dans sa taverne.

Impe.

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il y a 8 ans 11 mois - il y a 8 ans 11 mois #18868 par Zarathoustra
Réponse de Zarathoustra sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché

- elle n'a pas imposé sa volonté à qui que ce soit

Dans le chapitre précédent, elle impose son choix aux vuldoniens. Tu ne vois qu'une manipulation des elfes noirs, mais rappelle-toi le levier de la matriarche! Certes, il peut y avoir manipulation, mais fondamentalement, elle lui vend un idéal. En quoi cet idéal ne pourrait pas être son but? Accessoirement, cet idéal converge avec d'autres histoires. Et, en l'occurrence, il y a un vrai doute sur Aynariel non pas qu'elle ait menti, mais qu'elle ait au contraire été sincère (mais ça, il faut avoir lu tous les chapitres précédents pour le sentir.
Enfin, Aurélia va se retrouver très bientôt face à son père. Et dans le chapitre 18, on sait que le père n'est absolument pas content de son initiative sur les furies. Maintenant qu'on l'a vu faire des choix (bon ou pas bon, pour l'instant, on l'ignore)la crois-tu capable d'affronter son père ou pas?

C'est le fait que la narration, donc le narrateur, s'intéresse bien plus aux personnages qu'à l'univers qui me pousse au contraire à m'en détourner. Si on ne me lie pas leurs états d'âme à la folie des monolithes, je n'arrive pas à m'y intéresser.

Deux choses:

- D'abord, les personnages sont les clés pour comprendre l'histoire via le rêve. Et si tu te refuses de les comprendre tu ne pourras pas comprendre ce qui se passe (et finalement les enjeux). En l'occurrence, dans le chapitre "La Cruauté des Elfes Noires", on parle des Monolithes et du Rêve d'Ether. Et j'espère qu'à sa suite, on comprend qu'il faut comprendre le personnage d'Aynariel pour percer le mystère. Et il y a plusieurs passages où j'évoque ses motivations, parfois de manière insistante et répétitive. Certes, tout n'est pas encore dit de manière explicite mais, à ce stade, il y a quand même de sérieux faisceaux concordants. Autre exemple, toujours dans le chapitre 18, on rappelle que Kaerion a touché le monolithe mais n'en a pas reçu véritablement l'effet. La question qui se posera de manière explicite dans sa prochaine apparition est pourquoi est-il le seul dans l'histoire à ne pas avoir senti son influence?

- il y a plusieurs scènes dans l'histoire qui font échos aux préambules. Il y a ici notamment les sensations que ressent Aurélia à la fenêtre. Pour moi, elle est ici sur le point de sentir le Rêve d'Ether. Elle perçoit une autre réalité, mais n'est pas en mesure de la comprendre (comme le lecteur). Il y a pareil scène avec Berenis qui expliquait le Rêve d'Ether avec la scène du chapeau; il y a également un passage avec Dolorès lorsqu'elle reprend conscience. Et les rêves des personnages commencent à leur faire écho. Donc l'histoire ne traite pas frontalement des monolithes et du Rêve d'Ether, mais pourtant ils suintent régulièrement dans l'histoire.

Je suppose que la lecture si espacée avec autant d'intrigues et de personnages diluent tout ce que je veux vous faire partager. Mais à ce stade, en gros, j'aurais voulu qu'on commence à se poser certaines questions (certaines se soulèvent plus tard, mais bon, je déballe).
Est-ce le Rêve qui contamine le monde ou l'inverse? Qui influe sur qui? Les personnages vivent-ils dans un rêve et sont-ils prisonnier de ce rêve (thème du destin et de la liberté)? Et que se passe-t-il quand ils agissent de manière à contrarier le rêve voire même à en sortir? Et, dans tous ces personnages, qui est susceptibles par ses motivations à bouleverser le rêve? Et si ce monde sortait du rêve tel qu'on le connaît que se passerait-il? Et comment Ether peut-il se défendre de ce qui se passe dans Jourzancyen si ce monde le mettait en péril? Si le Rêve a créé Ether, la création peut-rllr échapper à son créateur et à partir de quel moment? etc.


Voilà ce que mon histoire cherche à créer. Il y a certainement quelques chapitres (notamment avec Berenis, car sa mission et sa réflexion avancent avec le lecteur) où j'aurais dû aller plus loin. Mais il est difficile de doser les effets si on veut un peu de subtilités pour que le lecteur fasse son chemin. Et à partir des prochains chapitres, tout ce qui avait pu être implicitement dit le sera de manière plus explicite, parce que pour moi, il est temps de rassurer le lecteur sur ce qu'il était sensé avoir éventuellement deviné..

Le récit abordent des questions qu'on peut transposer dans notre monde et nos vies. Que se passe-t-il quand je prends une décision qui fait dérayer ma vie ou celle des autres? Ai-je le droit de sortir du monde que l'homme s'est créé? Est-ce véritablement le meilleur des mondes? Et un monde idéalisé n'est-il pas plus dangereux que le monde réel? Et si quelqu'un défend ses idées envers et contre tous, a-t-il vraiment tort? Est-on vraiment prêt à vivre son idéal si nous l'avions à porter de main et serions-nous prêt à en payer le prix? Bref, toutes ces sortes de choses...
A mon sens, qu'on passe à côté n'a pas vraiment d'importance pour moi si j'arrive à créer des personnages qu'on a envie de suivre ou si l'histoire se suffit à elle-même. Et là, bien entendu, je ne suis absolument pas certain d'y parvenir.

Dans la forme... je préfère la première scène, qui cherche à dire quelque chose, là où le reste se contente de "raconter son histoire".

Tu as là tout le paradoxe que je ressens. Un lecteur veut que l'histoire avance pour continuer sa lecture (tu me l'as souvent signalé). Et c'est légitime. Or ce sont tout ce qui ne devrait pas être dans l'histoire qui font sa force (ou tout du moins, pour moi, le véritable intérêt). Plus je m'éloigne de l'histoire, plus j'arrive à être au cœur de mon histoire, je suis d'accord avec toi, et ça me dérange aussi.
Mais là où ton propos est paradoxale, c'est que ce sont bien ces scènes qui font qu'on s'intéresse aux personnages (alors que tu dis que ce sont les personnages qui te poussent à te détourner du texte).

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il y a 8 ans 10 mois #18877 par Imperator
Réponse de Imperator sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché

Maintenant qu'on l'a vu faire des choix (bon ou pas bon, pour l'instant, on l'ignore)la crois-tu capable d'affronter son père ou pas?

Une adolescente en pleine phase de rébellion qui fait face à son père?
Je crois que je viens de faire une question rhétorique. Désolé. Mais oui, bien sûr que je pense qu'elle le fera.
Seulement, je reste convaincu qu'elle ne le fait pas pour son propre intérêt, mais pour ce qu'elle croit être son intérêt. Et qu'à la fin, à moins d'avoir une chance monstrueuse, elle va regretter amèrement ses "choix" comme tant d'adolescents et adolescentes avant elle.

elle lui vend un idéal. En quoi cet idéal ne pourrait pas être son but?

Parce que, objectivement, ce n'est pas "son" but, c'est son but qu'on lui a donné. Elle n'a pas ré-interprété ce but, elle n'a pas saisi une opportunité pour construire son propre plan, elle s'est juste approprié une ligne de conduite qui est celle que quelqu'un d'autre attendait d'elle...
C'est du ressenti, mais c'est ainsi que je le ressens.

Je me rends compte que le préjugé que j'ai face aux adolescents (à cause de ceux que je côtoie au théâtre ou du portrait qu'on fait dans les films) a une forte influence sur ma vision d'Aurélia.

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il y a 8 ans 10 mois #18882 par Mr. Petch
Réponse de Mr. Petch sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché
Je n'ai pas encore lu le chapitre 20 (ça va venir !) mais je voulais réagir à l'un des commentaires :

Du coup ton texte n'est véritablement dans son sujet que quand il peut parler des personnages mêmes, et l'intrigue n'est qu'une excuse pour voir l'impact sur leurs sentiments. On pourrait parler de "tableaux de sentiments" je suppose... (...) C'est le fait que la narration, donc le narrateur, s'intéresse bien plus aux personnages qu'à l'univers qui me pousse au contraire à m'en détourner. Si on ne me lie pas leurs états d'âme à la folie des monolithes, je n'arrive pas à m'y intéresser.


et la réponse de Zara :

D'abord, les personnages sont les clés pour comprendre l'histoire via le rêve. Et si tu te refuses de les comprendre tu ne pourras pas comprendre ce qui se passe (et finalement les enjeux).


Je trouve que cela ouvre un débat très intéressant sur différentes façons d'écrire une histoire, à plus forte raison une histoire de fantasy. Zara a effectivement un style très tourné vers le personnage, qui est au centre de la narration. Le bon côté : tu gères très bien la psychologie des personnages, l'entremêlement des intrigues, et j'arrive à me souvenir de tel personnage alors que je n'ai pas lu Rêve d'Ether depuis plusieurs mois. Et il y a des personnages très marquants (Aynariel, bien sûr, mais aussi Milfred...) ou qui sont amenés à évoluer (Aurélia). Cela, tu le gères bien, à quelques exceptions près (Petit Louis, je n'arrive toujours pas à me faire que c'est un grand gaillard ; pour moi, c'est un gringalet... mais à la rigueur peu importe).
Je pense que tu pourrais jouer encore davantage dessus, et tes meilleurs séquences sont celles qui sont basées sur une interaction entre personnages, notamment : le "viol" d'Aynariel par les deux fripons, le procès de la délégation elfine et la révélation du traître, la conversion féministe d'Aurélia, et, dans un autre registre, l'empoisonnement des elfes noirs par les bugnes.

Le mauvais côté : à fonder la narration sur les personnages, je trouve que tu es plus faible sur les descriptions et surtout sur la "spatialité" du monde. Autant je n'ai pas trop de mal à me souvenir de qui est qui, autant je suis complètement perdu spatialement parlant. Et encore, j'ai joué à Warhammer, donc j'essaie de me raccrocher à la carte du Vieux Monde. Mais c'est quelque chose qui me gène souvent dans Rêve d'Ether : de ne pas savoir où l'on se trouve, où se trouve les lieux les uns par rapport aux autres. Géographiquement parlant, je suis perdu, entre le comté de Kryce, le pays des yhlaks, la forêt où se trouve les elfes noirs... Je sais que c'est quelque chose de très difficile à rendre par le texte, mais cela me semble être un manque pour un récit qui prend une dimension cosmique.
Il arrive un moment où la dimension cosmique ne peut reposer que sur des interactions entre personnages.

Ceci étant dit, et justement parce que je n'ai pas du tout la même façon de penser l'intrigue, je trouve ta remarque sur les personnages très intéressante par ce qu'elle implique comme pensée du récit, de l'histoire.

Mr Petch, qui s'en va lire le chapitre 20

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il y a 8 ans 10 mois #18883 par Mr. Petch
Réponse de Mr. Petch sur le sujet Re:Rêves d'Ether (le): Chap. 20: Un espoir Caché
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Je plussoie (à fond !) Impe, sur tout ce qu'il dit dans son premier commentaire :

Ce doit être la première fois depuis que je lis un passage des rêves d'ether que j'ai la vague impression d'enfin comprendre quelque chose (aussi infime que soit ce quelque chose) à toute cette histoire.

J'ai décidé de ne pas m'arrêter aux fautes d'orthographe ou de grammaire (il y en a). Je me contente de préciser que parfois, tu te reposes trop sur le "comme", notamment à cause d'une double répétition dudit "comme" qui, si elle forme un effet de style sur le moment, a tendance à mettre trop en évidence tous les "comme" qui suivent... (la répétition attire l'attention du lecteur).


Avec le chapitre du viol d'Aynariel et celui où les bugnes empoisonnent les elfes noirs, ce chapitre est pour moi l'un des plus réussis du Rêve d'Ether. Pourquoi ? Parce que tu arrives à ramasser l'intrigue, comme tu le dis, et à en résoudre une partie avant d'attaquer la suite. C'est salutaire et aurait pu, aurait dû, figurer plus tôt dans le récit. Voilà pour ce qui touche à la place de ce chapitre dans le reste du texte.

Mais surtout, le chapitre est réussi en lui-même grâce au parallèle entre Aurélia et Petit Louis. Comme l'ont dit Feurnard et Impe, les deux parties sont clairement différenciées : une première partie contemplative, assez joliment réussie, même si je ne suis pas tout à fait convaincu, et une seconde partie plus dialoguée, qui vient faire avancer l'intrigue.
Je ne sais si c'est volontaire, mais j'ai le sentiment que les deux personnages sont vraiment mis en parallèle, notamment dans la scène du congrès où il est enfermé dans le cagibi. J'aurais attendu plus d'interactions directes entre eux, mais à la rigueur pourquoi pas. Ce qui compte ici est que tu parviens à donner un vrai sens à ce chapitre, une vraie cohérence dans la mesure où le chapitre confronte deux attitudes de la part de personnages au départ passifs (cf mon analyse plus bas) : celle d'Aurélia ayant décidé de prendre son destin (et donc l'intrigue) en main, et celle de Petit Louis qui n'arrive pas agir et évoluer. En juxtaposant les deux attitudes, tu donnes une vraie impression d'ensemble à la lecture du chapitre, plus que dans d'autres où on a plus l'impression de vignettes d'intrigues superposées qui n'ont pas de lien entre elles sinon chronologique. On ressort de là en comprenant mieux, non seulement l'intrigue elle-même, mais aussi l'un des leitmotivs de Rêve d'Ether : une réflexion sur la faculté d'agir.

**

Bon.. J'ai insisté sur ce que j'ai trouvé réussi, mais il y a un certain nombre d'éléments qui m'ont un peu plus rebuté, j'y reviendrais si je trouve le temps de recommenter. Notamment les fautes d'orthographe un peu trop fréquentes, mais aussi une certaine faiblesse des descriptions dans la deuxième partie ; ou encore donner une meilleure place à Milfred, notamment dans son rôle de "double" de Petit Louis.

Alors si, je continue sur ce point. Puisqu'on parlait des personnages, je trouve que tu manipules deux types de personnages : ceux qui agissent face à l'intrigue, et ceux qui subissent l'intrigue. Toute ton histoire tourne autour de ça, et de la frontière entre ces deux types de personnages (puisqu'il est admis que, chez toi, ce sont les personnages qui font ou défont l'intrigue).
Ainsi, on a les bugnes qui sont des personnages "actifs" (et même très actifs !), des sortes de deux ex machina comiques, et de ce point de vue là très réussis ! Il y a bien sûr Aynariel, Kaerion et le comte de Kryce, qui sont des personnages agissant. Ce sont eux qui provoquent l'intrigue par leurs actions, qui participent aux retournements de situation, ce sont des éléments de stabilité pour le lecteur. Mais ce sont ceux qui m'intéressent le moins (même s'ils sont par ailleurs bien réussis, mon commentaire est purement subjectif).
Ceux qui m'intéressent sont les personnages "passifs" : ceux qui sont confrontés à l'intrigue (et à son aspect cosmique) sans l'avoir demandé, et réagissent plus qu'ils n'agissent. Ici, trois personnages de ce type sont réunis : Milfred, Aurélia et Petit Louis. Et je trouve que tu arrives à mettre plutôt bien en scène les différences de réaction de ces trois personnages, tous trois confrontés à une intrigue qui les dépassent et qu'ils ne veulent subir.
Milfred est intéressant car c'est un personnage insouciant qui a été profondément bouleversé par sa rencontre avec l'intrigue cosmique, personnifiée par Aynariel. En quelque sorte, c'est un personnage qui n'a rien à faire dans une histoire de ce type et qui en subit les conséquences en devenant fou et ivrogne ; il ne peut pas le supporter, ne parvient pas à devenir actif. Mais cet aspect, que je déduis en large partie, n'est pas assez explicite dans l'histoire. Je pense que tu pourrais mieux développer le personnage de Milfred en tant que personnage volontairement passif, voir destructeur.
On a aussi une Aurélia qui, elle, décide de passer de l'autre côté, de devenir agissante, mais tu arrives bien à montrer (notamment dans un chapitre précédent) qu'elle est complètement manipulée par les elfes noirs, et donc plus passive qu'il n'y paraît. C'est ce qui fait son intérêt.
Petit Louis, bien sûr, est ton personnage passif par excellence, celui auquel le lecteur est censé s'identifier, le spectateur ultime... Et dans ce chapitre, tu montres bien toute son incapacité à faire avancer l'intrigue. Pire même : c'est le personnage qui, par ce qu'il a vu, aurait pu faire avancer l'intrigue bien plus vite 18 chapitres auparavant mais à tout fait traîner parce qu'il préfère être "passif". J'ai particulièrement apprécié cet aspect de Rêve d'Ether, qui inverse le motif des bugnes : d'un côté des personnages qui n'ont rien pour faire avancer l'intrigue, mais qui le font sans le vouloir, de l'autre un personnage qui a tout pour conclure le récit, mais qui ne le veut pas.

Voilà... Je crois que cela complète assez bien mon explication sur le fait que ton style fait passer l'intrigue par les personnages avant tout.

Mr Petch

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