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Il était dans la salle des coffres. L’énorme porte blindée n’avait plus été fermée depuis des années. C’était normal, avec l’introduction des champs répulsifs. Le prix du champ versé au générateur de la ville avait détérioré tous les autres postes de dépense, en commençant par les vigiles et les portes. Il n’y aurait pas d’alarme, en quelques lignes de commande le colonel Kyréna s’en était assuré.
Jean ne leur était toujours d’aucune aide pour trouver le coffre. Le colonel cherchait au niveau de la rangée SB et se reportait sans cesse à son écran pour la cote précise. Ce fut le biochimiste qui reprit la parole, après presque une minute à fouiller au hasard :
- Eh ! Eh eh ! C’est le même coffre !
- Taisez-vous et aidez-moi.
Le général, lui, les surveillait.
- Allons colonel, faites un effort, vous ne les reconnaissez pas ? C’est le même coffre ! Exactement le même !
- Vous savez qu’on ne vous comprend pas alors la ferme.
Cette réplique fit se replonger Jean dans ses inquiétudes, dans ses calculs pour déterminer si oui ou non ils avaient été exposés. Le Libra ne lui disait rien, ils étaient sains, comme si ce liquide fluorescent sur le plancher de l’hôpital n’avait pas été le biodistrupteur. Il était persuadé du contraire. Et pour penser à autre chose le biochimiste revenait encore aux coffres et à leur similarité.
- Mais c’est le même ! Là, celui-là !
Il désigna celui exactement qui portait la cote d’Angelica. Kyréna tomba dessus et, l’air de suer, se mit en tâche de l’ouvrir. Il ne voulut pas utiliser d’explosifs, car le souvenir lui revint du coffre au projet cinq qu’Immons avait fait sauter à la grenade. L’impatience le gagna, il tapa quelques mots et dans un déclic le coffre s’ouvrit devant lui.
Le Libra l’effrayait toujours.
- Alors ? Demanda Akdov. Qu’est-ce qu’il contient ?
- De l’argent.
Il ouvrit grand le coffre et laissa tomber des liasses de billets à ses pieds. Le colonel fouilla avec le bras, vida le contenu du coffre, s’assura encore que c’était la bonne cote et comme frappé, il constata l’absence de ce qu’il aurait voulu trouver là.
Tous les trois s’étaient fait le même scénario : son frère blessé, Angelica avait pris la mallette, l’avait cachée peut-être ou gardée avec elle. La police ne les avait jamais enregistré, ni elle ni le troisième enfant, et elle avait attendu dans le hall de l’hôpital. Ensuite, elle avait dû déposer le contenu de la mallette dans la banque pour s’enfuir ou commencer une autre vie. Dans ce coffre auraient dû se trouver les documents disparus qui avaient déclenché la guerre.
- Non. Non, non, non, non non non non non!
- Calmez-vous Kyréna !
- Les documents devaient être là ! C’est à croire qu’ils n’ont jamais existé, c’est à croire… je ne sais pas, moi ! Mais bon sang qu’est-ce qui se passe ?!
- Naem, c’est certain. Maintenant calmez-vous.
- D’accord ! D’accord. Alors, général, que faisons-nous à présent ?
- Vous levez les mains bien en évidence, tous !
L’agent était sorti de derrière la porte blindée. Elle les braquait avec ses armes, deux Desert Scorps. Cette vue glaça le sang du colonel. Si les Desert Scorps étaient utilisés par les différentes factions mondiales, ils étaient l’apanage d’un groupe en particulier. La tenue, le regard, la manière de tenir l’arme y correspondaient : elle faisait probablement partie du CRIJ. Elle avait dû trahir, comme eux, pour servir Naem. Voilà peut-être comment était tombé le site B, sur la face cachée de la Lune.
Mais si Kyréna regardait l’arme, Jean regardait les yeux : le docteur les voyait rougis comme par des taches de sang, signe clair qu’elle, au moins, était contaminée.

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