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La porte blindée ne bougerait pas. Il n’y avait rien que même le Libra puisse faire face à cette masse de plusieurs tonnes.
- Même avec des explosifs, je n’en viendrais pas à bout.
- Débrouillez-vous.
Il tâta la surface, sans rien chercher de particulier. Le verrou automatique était tombé sous les commandes de son ordinateur mais cela n’avait rien fait pour les vérins et surtout, pour la déverrouiller manuellement, il fallait au moins une force mécanique. Les employés disposaient d’outils ou d’implants, pas lui.
L’odeur dans la pièce devenait de moins en moins supportable. Le colonel aurait voulu obliger ses deux comparses à l’aider mais il n’y avait rien à faire. Il ne trouva même pas une aspérité. Alors il se mit en quête d’un circuit d’aération. Des grillages minces aux coins du plafond remplissaient cet office, à peine assez gros pour y passer les doigts. Ils étaient de toute manière trop hauts.
- Une idée géniale ?
- Oui. Taisez-vous et continuez.
- On pourrait appeler la police !
Les deux officiers se tournèrent vers Jean qui, l’air benêt, avait lancé cette idée. Ils avaient désactivé l’alarme mais avec les Libra, attirer l’attention des autorités ne serait pas un problème. Mais Akdov secoua la tête.
- Personne ne viendra.
- Plus ça va et plus je trouve que ces Libra ne sont pas fiables.
- S’ils l’étaient, en soixante-quatre les Hôs auraient gagné.
- Ils sont fiables ! Mais la thymine, la thymine, voilà ! C’est la limite !
Kyréna haussa les épaules. Il se détourna, jeta encore un œil à la porte blindée. Sa vision se brouilla, légèrement, à l’œil gauche. Il y porta le doigt et sentit le contact du sang. Sa plaie au crâne avait laissé échapper un fin filet jusque sous sa paupière. D’un geste le colonel arracha ses bandages, avant de remettre son couvre-chef.
Ce geste n’avait pas échappé au général, pas plus que les premières taches rouges sur les iris de Kyréna. Il garda là-dessus le silence.
- D’accord. N’importe qui tente n’importe quoi, maintenant, ou je ne réponds plus de rien.
Aussitôt Jean lança :
- Césame, ouvre-toi !
Quelques secondes durant il jeta la stupeur, puis la porte blindée eut un déclic, les vérins coulissèrent et l’énorme battant s’ouvrit. Kyréna cligna des yeux sans rien comprendre, jusqu’à ce que dans l’ouverture apparaisse la réceptionniste toute timide, visiblement effrayée, qui n’osait pas approcher.
- Vous ? Vous n’allez pas me tuer ?
Le colonel eut un geste sur l’arête de son nez comme s’il remettait des lunettes en place. Il hocha négativement la tête.
- Non. Je ne crois pas, non. Mais enfin pourquoi…
- Vous ne reveniez pas.
- Je ne suis pas sûr de comprendre. Mais merci.
Akdov les laissa à leur gêne. Il quitta la pièce sans les attendre et remonta au hall. Déjà la communication rétablie, il s’adressa à la flotte pour de nouveaux ordres. Le biochimiste comprenant que l’isolement avait été rompu, eu une réaction affolée, aussitôt réprimée par les drogues, et il se dépêcha à la suite du général. Le colonel resta un instant derrière, sans savoir quoi dire, puis s’excusa et partit à son tour.
- Vous devriez changer de métier. Lui dit-il simplement en la quittant.
En haut Akdov donnait ses ordres. Les documents ne se trouvaient plus à Montréal, pas plus que Noé : il donnait l’ordre de venir les récupérer.

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